Trumpisme, le nouvel ordre américain

Publié le 12 November 2020 à 02h17
Photo Jonathan Carreiro-Benoit.

Rien n’est moins certain que la politique internationale du moment. À l’ère post-Trump, personne n’est en mesure de prédire ce qui en viendra des relations diplomatiques et économiques avec la première puissance mondiale, même avec le présage d’une administration davantage progressiste. Il est imprudent de me prononcer ouvertement sur la question. Néanmoins, je désire vous soumettre quelques pistes de réflexion.

Premièrement, j’estime qu’il y aura une certaine intemporalité au trumpisme. Qu’on le veuille ou non, le 45e président des États-Unis a laissé sa marque pour de bon sur l’échiquier mondial. Biden ne pourra en aucun cas éliminer ce « bon » ou « mauvais » présage. On a toujours parlé de l’Amérique. Depuis que je suis né, il est très rare qu’il se passe une semaine sans entendre s’exprimer Washington. Cela est d’autant plus vrai pour les quatre dernières années. Le président élu aura un travail colossal devant lui pour maintenir le niveau médiatique américain à cette hauteur. Cela implique de prendre les bonnes décisions, mais également, de façon non ironique, de causer une attraction généralisée du monde sur lui. En somme, Biden n’est pas Trump et il est évident que les États-Unis vont perdre un certain prestige hebdomadaire. Le politique mondial va rapidement se lasser de la nouvelle administration qui tentera d’éteindre le feu plutôt que de l’alimenter. Les répercussions se feront sentir dans la population. Le mouvement viral du « fake news » y est pour beaucoup. Les citoyens se sont faits à l’idée qu’il existe de fausses nouvelles projetant ainsi les valeurs complotismes à son apogée. J’ai alors une crainte plus ou moins fondée que plusieurs d’entre eux verront dans le manque de médiatisation la preuve que l’administration sortante avait mis le doigt sur ce qui fait mal et non qu’elle fût la cause de ces maux.

Deuxièmement, je dois absolument parler du G7 et peut-être du G8. On le sait, cet événement est sans équivoque la plaque tournante de la puissance américaine. Trump l’a bien compris. Agissant à la fois comme un leader et comme un enfant en manque d’attention, ce président a pesé le poids de son ardeur en menaçant plus que quiconque les grands dirigeants du monde. Il a gagné beaucoup de points. Biden aura un rôle de médiateur plus que de chef d’État dans cette joute. Ce dernier est prisonnier des erreurs passées et des échecs futurs. Il faudra que l’Amérique reste forte de ses idées pour ne pas être la troisième roue dans les négociations à venir. Malheureusement pour les démocrates, les chefs politiques tenteront certainement de prendre une place nette devant les États-Unis, imposant ainsi une politique tempérée entre le continent américain et le vieux monde. Parlons d’un potentiel G8. Sur les sept chefs d’État lors de la dernière grande rencontre de 2018, seul Justin Trudeau a voté contre le retour de la Russie voulant protéger ses intérêts électoraux sur la population ukrainienne canadienne. Pourtant, Biden est également réticent à l’idée que Poutine soit assis à la table des Grands. Il sera fascinant d’analyser l’approche du nouveau président sur cette question, de voir l’étendue de sa position et légitimement d’appréhender sa relation avec le gouvernement libéral à Ottawa.

Troisièmement, de façon plus pragmatique, l’économie risque d’être la grande gagnante des élections du 3 novembre 2020. Il nous sera dès lors possible de parler sans ambiguïté de libre-échange. Le Canada, et principalement le Québec, pourra bénéficier d’un véritable dialogue avec l’Amérique sans que cette dernière instaure une dictature du plus fort. Pour ce qui est de l’Europe, l’Union sera également prenante d’exportations et d’importations beaucoup plus qualitatives et certainement artisanales. Je ne propose pas ces éléments par hasard. La crise sanitaire du moment oblige la planète à mettre les points sur les « i » afin d’éviter une catastrophe économique comme 2008. Autre point essentiel, l’environnement reviendra « potentiellement » au centre des discussions à l’ONU. L’Accord de Paris est primordial dans un espace voyant l’apogée du commerce en ligne, donc des expéditions maritimes par les Amazones de ce monde en provenance majoritairement de la Chine. J’estime que les changements climatiques seront finalement un véritable enjeu pour les États-Unis. Comprenez qu’il s’agit ici de mon opinion.

En somme, j’ai désiré vous présenter une approche interne, politique et planétaire afin d’exprimer les positions sur lesquelles Trump a radicalement changé la donne. Je vous invite fortement à nous faire part de votre propre analyse.

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Photo Jonathan Carreiro-Benoit.
Par Jonathan Carreiro-Benoit

Co-Fondateur

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