Droite gauche, gauche droite

Publié le 18 December 2020 à 11h41
Photo Jonathan Carreiro-Benoit.

Droite gauche, gauche droite. Il faut bien le dire une bonne fois pour tout, le débat ne se trouve pas dans un quadrille politique, mais bien sur le terrain et dans les hémicycles législatifs. Aujourd’hui, ce simple fait est remis en question par les extrêmes de ce monde, qu’importe l’idéologie.

Parlons simplement de la minorité visible des divers partis fédéraux et provinciaux. Il est révoltant de considérer une minorité radicale comme étant le fond d’un parti. Québec Solidaire n’est pas un parti de communistes. Le Parti Québécois n’est pas un parti de racistes. La CAQ et le PLQ sont des partis fédéralistes, mais définitivement pas bandit et récipiendaire de la fraude. Ces quatre exemples sont simplement là pour vous démontrer comment il est facile de systématiser un mouvement par deux, trois cas isolés pestiférant autrui au nom d’une idéologie. Il faut sacrément être têtu et fermé d’esprit pour gober la violence langagière de ces personnages malsains pour la liberté politique, voire démocratique. Je reviens de nouveau sur les mesures sanitaires du gouvernement du Québec. Qui sommes-nous, simple citoyen exclu du réseau de la santé, pour dire que la CAQ agit de façon abusive, voire totalitaire ? La quantité d’insultes et de débilités qu’il est possible de lire me désole au plus haut point. Rien ne peut justifier cette haine imbue envers des gens tentant tout bonnement d’épargner notre santé commune. Commune ? Voilà un nom n’ayant plus aucun sens lorsqu’on parle des radicaux. Le débat gauche-droite est à la fine pointe de l’éloignement social et physique, pour faire un mauvais jeu de mots avec la situation sanitaire. Le sentiment d’appartenance à la nation en vient périlleux, qu’importe si vous vous considérez canadiens ou québécois.

En effet, considérant le manque marquant d’opinions divers dans les médias traditionnels, les médias sociaux deviennent de facto la pouponnière des complotistes et de l’insulte à « gogo ». Il est très difficile de dialoguer et d’échanger de manière constructive derrière un écran. Pourtant, certains se font les champions, toutes catégories confondues, du malaise entre les idéologies. Deux exemples sont frappants, soit celui sur le racisme et la culture. Dans le premier cas, systémique et institutionnel se font la guerre. Pourquoi ? Il me semble que le racisme c’est le racisme point final. Voilà un parfait exemple de ce clivage significatif entre les deux pôles. En terme général, la systémique revient aux gens de gauche alors que l’institutionnel revient aux gens de droite. Enfin, les deux se complètent en dénonçant une vision arriérée de l’humain. La polarisation joue sur peu d’éléments, mais suffisamment pour créer une brèche dont les extrêmes s’empressent de dénoncer. Dans le deuxième cas, multiculturel et interculturel sont au front. Encore une fois, multiculturel revient aux gens de gauche alors qu’interculturel revient aux gens de droite. Pourtant, le débat se trouve dans l’action concrète et non pas dans la dénonciation d’une nomenclature très peu constructive, voire complètement dénaturée du sens premier. Néanmoins, les mots semblent parler davantage que les projets de loi et des motions parlementaires.

Culture, identité, nation sont trois mots voulant dire la même chose, soit le fameux sens commun mentionné ci-dessus. Il est irréalisable de bâtir un avenir propre et juste sans une unité populaire reprise par les politiques. Il faut faire une rétrospection sur notre rôle dans la société afin de bien admettre qui nous sommes de façon tangible. La culture devient alors le moteur par excellence de l’identité. Sans celle-ci, il est impossible de se fondre dans un mouvement politique ou simplement reconnaitre notre nationalité, car oui l’idéal du pays-nation demeure sur les lèvres des plus optimistes. En jumelant les trois concepts entre eux, il est facile de constater que nos choix collectifs ont un impact majeur sur le politique, donc sur la loi. La discorde n’est pas la solution, et encore moins une voie logique à suivre. Les extrêmes vont constamment vouloir démystifier son adversaire ce qui n’admet pas ledit débat public éthiquement obligatoire.

En somme, j’ai simplement tenté de vous présenter quelques débouchés à cette crise sociale qu’est le débat entre gauche et droite. Évidemment, mon opinion purement n’est pas à prendre en compte dans cette analyse. À vous maintenant de comprendre le texte comme bon vous semble. Garder naturellement en tête que vos paroles vont tôt ou tard faire les frais de la critique, votre devoir est d’argumenter.

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Photo Jonathan Carreiro-Benoit.
Par Jonathan Carreiro-Benoit

Co-Fondateur

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