George Floyd un décès de plus, un décès de trop.

Publié le 30 May 2020 à 07h47
Photo manif Floyd Aimé Pingi

Le lundi 25 mai, la police de Minneapolis aux États-Unis a tué George Floyd, un homme afro-américain. Alors que deux officiers coinçaient Floyd menotté dans une rue de la ville, un autre a repoussé les éventuels intervenants, tandis qu'un quatrième s'agenouillait sur le cou de Floyd jusqu'à ce qu’il perde connaissance après. C'est le tout dernier d'une longue série de meurtres d'Afro-Américains non armés commis par des policiers américains et représentant de l’ordre. Aujourd’hui, c'est George. Il y a eu plusieurs autres avants dont Ahmaud Arbery.

Comme a dit Martin Luther King en 1965, L’Amérique a toujours « fait un pas en avant sur la question de la justice et de l’égalité raciales » pour ensuite « faire certains pas en arrière ». Elle a montré au monde entier son ouverture en élisant pour la première fois et à deux reprises un Afro-Américain à la maison blanche, suscitant espoir dans la communauté noire. Malgré l’espoir suscité par l’élection de Obama, les communautés afro-américaines ne sont pas sorties de leur misère et les profilages raciaux n’ont jamais cessé.

Quelquefois je me dis que le fait d’avoir une personne de couleur à la tête d’un pays ou d’une ville n’est pas forcément une preuve de plus d’ouverture envers les personnes de couleur et que c’est juste une bonne couverture pour le bien paraître. C’est inquiétant de vivre dans la peur juste à cause de la couleur de sa peau. Je suis canadien et j’ai toujours pensé deux fois avant de me rendre aux USA. Je prends toujours le temps de vérifier sur internet avant pour être sûr que le lieu à visiter n’a pas d’historique de crime raciste.

Si la police qui est censée représenter l’autorité, la sécurité et l’ordre excelle dans les meurtres des gens racisés, je me demande comment la population va leur faire confiance? Comment respecter des services qui se comportent eux-mêmes comme des hors-la-loi? Ce n’est pas facile comme situation d’avoir à faire avec des gens qui ont des armes, un entraînement et une puissance militaire lorsqu’on n’a rien d'autre que de la douleur et de la rage.

Faut-il penser à une force onusienne neutre pour sécuriser les Afro-Américains? Ce meurtre de trop a indigné la planète tout entière et suscité une vague de solidarité à l’échelle mondiale. Ce qui est encourageant c’est de voir toutes les réactions de soutien et les appels à la justice venus de partout dont la déclaration du premier ministre canadien Justin Trudeau qui a dit : « De nombreux Canadiens d'origines diverses regardent, comme tous les Canadiens, les nouvelles en provenance des États-Unis, sous le choc et avec horreur. Le racisme anti-noir, le racisme est réel. Il est aux États-Unis, mais il est aussi au Canada ».

En tant qu’originaire d’Afrique et vivant au Canada, je nous considère quand même un peu plus chanceux de vivre dans un pays plus ouvert comparé aux États-Unis même s’il y a des cas des racismes et de profilage racial ici aussi. Les effets du racisme sont néanmoins faibles et sans grandes conséquences au Canada. En tant qu’humains, nous avons l’obligation morale de nous unir pour affronter et éliminer le racisme.

Michèle Obama a déclaré récemment que « La race et le racisme sont une réalité dans laquelle beaucoup d'entre nous grandissent en apprenant simplement à gérer. Mais si nous espérons pouvoir un jour passer outre, il ne peut pas être question de laisser les gens de couleur y faire face ». Elle a poursuivi que « C'est à nous tous - Noirs, Blancs, tout le monde -, même si nous pensons être bien intentionnés, de faire le travail honnête et inconfortable d'éradiquer le racisme. Cela commence par un examen de conscience et l'écoute de ceux dont la vie est différente de la nôtre ».

Pour ma part je souhaite que les autorités américaines prennent des mesures sérieuses pour mettre fin à ces meurtres et pour que justice soit faite. Il va falloir que les procédures changent et que les policiers qui ont recours à un usage excessif de la force soient inculpés et condamnés pour les crimes commis. Pour ce qui est des violences et les destructions que cette situation a provoquées, j’exhorterais les Américains à un peu de retenus et en appellerais aux leaders communautaires noires, les artistes, les églises, la société civile à faire en sorte que ce grave problème de la société américaine qu’est la brutalité policière ciblée et raciste soit réglé avant qu’il ne soit trop tard.

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Photo Aimé auteur
Par Aimé Pingi

Collaborateur et président du CA de la Mosaïque culturelle

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