La politique de proximité moins proche des cœurs?

Dernière modification le 25 March 2021 à 08h45

La politique municipale est la politique de proximité, proche des individus, des familles, des communautés. Elle est celle qui impacte le plus la vie quotidienne des citoyens : la sécurité civile, la gestion des résidus, l’aménagement des parcs & loisir, habitation et logement sociaux, l’économie locale, etc.

Malheureusement, ce palier politique affiche les taux de participation les plus bas pour l’ensemble de la population. Depuis 2005, Élections Québec rapporte des taux très bas de participation démocratique lors des scrutins municipaux soit 44,5 % pour 2005, 44,8 % au scrutin de 2009, 47,2 en 2013 et finalement 44,8 % en 2017 pour l’ensemble des municipalités québécoises ou maire (esse) ont été élu (e).

Des experts pensent que la confusion quant au fonctionnement et des pouvoirs du gouvernement municipal représente un frein à la participation et je dois dire que je suis totalement en accord. Pendant longtemps, la politique municipale était comme un labyrinthe pour moi : Maire (esse) de ville, d’arrondissement, conseiller (ère) de ville, d’arrondissement, de district, etc. C’est difficile pour l’électeur de se retrouver particulièrement dans une grande ville comme Montréal.

En août 2018, j’ai eu le privilège de rencontrer le directeur général d’élection Québec (DGEQ) lors du Forum Bishop’s, un institut de Leadership et d’engagement citoyen pour les jeunes Québécois. Le DGEQ a parlé des taux de participation démocratique bas chez les jeunes et des nombreuses actions qu’il mène avec son équipe sur le terrain pour contrer cet enjeu de plus en plus inquiétant. Je me rappelle lui avoir demandé s’il trouvait pertinent d’adopter une approche ciblée pour rejoindre les jeunes immigrants qui sont encore moins présents aux urnes. Il m’a répondu en racontant une anecdote où il a dû, lui-même, appeler un électeur nouvellement arrivé au Québec, pour le rassurer que sa vie et celle de sa famille n’était pas en danger quand ils participent à des élections ou prennent position sur des enjeux politiques au Québec. Il reconnaissait ensuite la pertinence d’avoir des approches diversifiées de communication pour mobiliser le plus grand nombre d’électeurs.

J’ai posé cette question parce que dans ma peau de femme, jeune, minorité visible et génération zéro , j’ai eu beaucoup de difficultés d’intégration, d’identité et d’appartenance à ma terre d’accueil. Or, en politique municipal plus qu’ailleurs, l’appartenance et l’implication dans son quartier sont des leviers décisifs pour la participation aux élections. Je crois fermement qu’une corrélation existe entre ce sentiment d’appartenance et le taux de participation aux élections chez les jeunes immigrants. Alors c’était important pour moi d’avoir cet échange avec le DGEQ concernant cette niche d’électeurs et de discuter des moyens d’en rallier le plus grand nombre possible.

Plusieurs initiatives d’éducation à l’engagement citoyen jeunesse comme les écoles d’influence de l’Institut du Nouveau Monde font un travail extraordinaire. Les jeunes sont plus impliqués dans leurs quartiers et communauté, ont une plus grande sensibilité et compréhension des enjeux locaux.

Je suis très optimiste pour le scrutin du 7 novembre 2021. L’environnement, la brutalité policière, le transport en commun, l’économie locale et la gestion locale de la pandémie sont des enjeux à surveiller et qui selon moi, feront partie des programmes de campagne de plusieurs candidats.

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Par Christina Eyangos

Collaboratrice

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Dernière modification le 25 March 2021 à 08h45

La politique municipale est la politique de proximité, proche des individus, des familles, des communautés. Elle est celle qui impacte le plus la vie quotidienne des citoyens : la sécurité civile, la gestion des résidus, l’aménagement des parcs & loisir, habitation et logement sociaux, l’économie locale, etc.

Malheureusement, ce palier politique affiche les taux de participation les plus bas pour l’ensemble de la population. Depuis 2005, Élections Québec rapporte des taux très bas de participation démocratique lors des scrutins municipaux soit 44,5 % pour 2005, 44,8 % au scrutin de 2009, 47,2 en 2013 et finalement 44,8 % en 2017 pour l’ensemble des municipalités québécoises ou maire (esse) ont été élu (e).

Des experts pensent que la confusion quant au fonctionnement et des pouvoirs du gouvernement municipal représente un frein à la participation et je dois dire que je suis totalement en accord. Pendant longtemps, la politique municipale était comme un labyrinthe pour moi : Maire (esse) de ville, d’arrondissement, conseiller (ère) de ville, d’arrondissement, de district, etc. C’est difficile pour l’électeur de se retrouver particulièrement dans une grande ville comme Montréal.

En août 2018, j’ai eu le privilège de rencontrer le directeur général d’élection Québec (DGEQ) lors du Forum Bishop’s, un institut de Leadership et d’engagement citoyen pour les jeunes Québécois. Le DGEQ a parlé des taux de participation démocratique bas chez les jeunes et des nombreuses actions qu’il mène avec son équipe sur le terrain pour contrer cet enjeu de plus en plus inquiétant. Je me rappelle lui avoir demandé s’il trouvait pertinent d’adopter une approche ciblée pour rejoindre les jeunes immigrants qui sont encore moins présents aux urnes. Il m’a répondu en racontant une anecdote où il a dû, lui-même, appeler un électeur nouvellement arrivé au Québec, pour le rassurer que sa vie et celle de sa famille n’était pas en danger quand ils participent à des élections ou prennent position sur des enjeux politiques au Québec. Il reconnaissait ensuite la pertinence d’avoir des approches diversifiées de communication pour mobiliser le plus grand nombre d’électeurs.

J’ai posé cette question parce que dans ma peau de femme, jeune, minorité visible et génération zéro , j’ai eu beaucoup de difficultés d’intégration, d’identité et d’appartenance à ma terre d’accueil. Or, en politique municipal plus qu’ailleurs, l’appartenance et l’implication dans son quartier sont des leviers décisifs pour la participation aux élections. Je crois fermement qu’une corrélation existe entre ce sentiment d’appartenance et le taux de participation aux élections chez les jeunes immigrants. Alors c’était important pour moi d’avoir cet échange avec le DGEQ concernant cette niche d’électeurs et de discuter des moyens d’en rallier le plus grand nombre possible.

Plusieurs initiatives d’éducation à l’engagement citoyen jeunesse comme les écoles d’influence de l’Institut du Nouveau Monde font un travail extraordinaire. Les jeunes sont plus impliqués dans leurs quartiers et communauté, ont une plus grande sensibilité et compréhension des enjeux locaux.

Je suis très optimiste pour le scrutin du 7 novembre 2021. L’environnement, la brutalité policière, le transport en commun, l’économie locale et la gestion locale de la pandémie sont des enjeux à surveiller et qui selon moi, feront partie des programmes de campagne de plusieurs candidats.

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