Dominique se [re]présente

Dernière modification le 30 March 2021 à 11h13

Dominique Anglade, la cheffe du parti libéral du Québec promet que beaucoup de gens se reconnaitront à travers ses expériences et histoires détaillées dans son livre Ce Québec qui m’habite bientôt disponible. Le but de l’ouvrage est de se présenter aux Québécois et Québécoises qui ne se posent pas beaucoup de questions sur sa personne, son vécu et son identité. Dans ce livre, nous en saurons plus sur son héritage de militantisme, le deuil, la conciliation famille-travail, sa carrière dans le milieu des affaires et même son séjour dans les vestiaires de la CAQ.

Deux choses qui me tiennent en haleine : lire sur les sujets d’identité et de harcèlement. Ces éléments m’interpellent profondément parce qu’ils font partie de mon histoire. En ces moments d’augmentation de féminicides et de violences faites aux femmes, j’aime que madame Anglade partage avec le monde cette tranche de vie ou elle a été victime d’oppression sexuelle.

Actuellement, on parle de dénonciation et de protection aux femmes, mais qu’en est-il des filles ? Il s’agit de la première fois que j’en parle publiquement et je m’excuse à ma mère et mes sœurs qui l’apprendront de cette manière, mais j’ai également subi du harcèlement sexuel, pas une fois, mais deux, et toujours en milieu professionnel. Je n’ai pas dénoncé les personnes. En réalité, j’étais confuse, effrayée, sous pression, mais aussi je me demandais « ce que j’ai bien pu faire » pour me retrouver dans les situations. Je ne voulais pas devenir le sujet de conversation ou que les regards envers moi changent. J’ai gardé le silence. J’avais 22 ans la première fois, et 24 la seconde. Dans les deux cas, j’étais la plus jeune de l’équipe. Je pense que pour beaucoup de femmes, c’est toujours un fort moment de solidarité, de « mauvais » réconfort et de sentiment de proximité de savoir que d’autres ont vécu des situations similaires et que nous n’étions pas le problème.

L’identité québécoise, l’autre sujet, demeure un enjeu majeur de société au Québec et c’est presque devenu politique. Au début du mois de mars, un article paraît dans Le Devoir qui touche aux conclusions de la thèse d’une doctorante de l’UQAM sur le sentiment d’appartenance chez les Québécois de deuxième génération d’origine africaine. Ces conclusions sont que plusieurs de ces Québécois s’identifient au Canada et à Montréal, mais ne ressentent pas d’appartenance au Québec. Ce sentiment est directement lié à la quête identitaire, la sécurité et la confiance accordée aux systèmes qui forment une entité ou une nation. Ça fait aujourd’hui 10 ans que ma famille et moi avons immigré au Québec, à Montréal. Je peux dire que je ne suis pas du tout surprise des conclusions de la thèse. Mon parcours migratoire et ma quête identitaire m’ont souvent mené à me questionner sur cet enjeu en relation avec ma terre d’accueil. Je pense que ce phénomène est relié à un autre aspect de la société qui est l’intégration. L’enracinement dans sa terre d’accueil est déterminant au sentiment d’appartenance. Personnellement, je porte fièrement l’identité montréalaise, mais cela n’affecte pas ma fierté québécoise et ne réduit pas mon amour pour le Canada. Madame Anglade nous expliquera dans son livre que la question de l’identité et la place de l’immigration ont été majeures dans sa décision de quitter la formation politique de la CAQ en 2013. Elle nous parlera entre autres d’un cas de discrimination envers des enfants sikhs interdits de jouer au soccer à cause de leur signe religieux. Elle définit cet événement comme un des moments charnières de sa vie. Elle-même est née au Québec, de parents haïtiens qui font d’elle la première génération, on peut expliquer la place que ces enjeux ont dans son cœur. À travers son projet de Charte des régions, on voit que la cheffe veut un Québec uni et qu’elle met sa passion d’aider les gens à atteindre tout leur potentiel au service de ce programme. Elle comprend que ça passe par un dialogue collectif, mais aussi personnalisé avec les parties prenantes.

Je pense avant de lire l’ouvrage, on a une belle idée du Québec qui l’habite. À travers ce livre, la cheffe nous amènera dans les vestiaires de sa vie personnelle, nous connaitrons donc la femme imparfaite et résiliente qui, comme nous tous, a vécu un certain nombre d’évènements, et qui finalement a osé poursuivre un rêve ambitieux.

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Par Christina Eyangos

Collaboratrice

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Dernière modification le 30 March 2021 à 11h13

Dominique Anglade, la cheffe du parti libéral du Québec promet que beaucoup de gens se reconnaitront à travers ses expériences et histoires détaillées dans son livre Ce Québec qui m’habite bientôt disponible. Le but de l’ouvrage est de se présenter aux Québécois et Québécoises qui ne se posent pas beaucoup de questions sur sa personne, son vécu et son identité. Dans ce livre, nous en saurons plus sur son héritage de militantisme, le deuil, la conciliation famille-travail, sa carrière dans le milieu des affaires et même son séjour dans les vestiaires de la CAQ.

Deux choses qui me tiennent en haleine : lire sur les sujets d’identité et de harcèlement. Ces éléments m’interpellent profondément parce qu’ils font partie de mon histoire. En ces moments d’augmentation de féminicides et de violences faites aux femmes, j’aime que madame Anglade partage avec le monde cette tranche de vie ou elle a été victime d’oppression sexuelle.

Actuellement, on parle de dénonciation et de protection aux femmes, mais qu’en est-il des filles ? Il s’agit de la première fois que j’en parle publiquement et je m’excuse à ma mère et mes sœurs qui l’apprendront de cette manière, mais j’ai également subi du harcèlement sexuel, pas une fois, mais deux, et toujours en milieu professionnel. Je n’ai pas dénoncé les personnes. En réalité, j’étais confuse, effrayée, sous pression, mais aussi je me demandais « ce que j’ai bien pu faire » pour me retrouver dans les situations. Je ne voulais pas devenir le sujet de conversation ou que les regards envers moi changent. J’ai gardé le silence. J’avais 22 ans la première fois, et 24 la seconde. Dans les deux cas, j’étais la plus jeune de l’équipe. Je pense que pour beaucoup de femmes, c’est toujours un fort moment de solidarité, de « mauvais » réconfort et de sentiment de proximité de savoir que d’autres ont vécu des situations similaires et que nous n’étions pas le problème.

L’identité québécoise, l’autre sujet, demeure un enjeu majeur de société au Québec et c’est presque devenu politique. Au début du mois de mars, un article paraît dans Le Devoir qui touche aux conclusions de la thèse d’une doctorante de l’UQAM sur le sentiment d’appartenance chez les Québécois de deuxième génération d’origine africaine. Ces conclusions sont que plusieurs de ces Québécois s’identifient au Canada et à Montréal, mais ne ressentent pas d’appartenance au Québec. Ce sentiment est directement lié à la quête identitaire, la sécurité et la confiance accordée aux systèmes qui forment une entité ou une nation. Ça fait aujourd’hui 10 ans que ma famille et moi avons immigré au Québec, à Montréal. Je peux dire que je ne suis pas du tout surprise des conclusions de la thèse. Mon parcours migratoire et ma quête identitaire m’ont souvent mené à me questionner sur cet enjeu en relation avec ma terre d’accueil. Je pense que ce phénomène est relié à un autre aspect de la société qui est l’intégration. L’enracinement dans sa terre d’accueil est déterminant au sentiment d’appartenance. Personnellement, je porte fièrement l’identité montréalaise, mais cela n’affecte pas ma fierté québécoise et ne réduit pas mon amour pour le Canada. Madame Anglade nous expliquera dans son livre que la question de l’identité et la place de l’immigration ont été majeures dans sa décision de quitter la formation politique de la CAQ en 2013. Elle nous parlera entre autres d’un cas de discrimination envers des enfants sikhs interdits de jouer au soccer à cause de leur signe religieux. Elle définit cet événement comme un des moments charnières de sa vie. Elle-même est née au Québec, de parents haïtiens qui font d’elle la première génération, on peut expliquer la place que ces enjeux ont dans son cœur. À travers son projet de Charte des régions, on voit que la cheffe veut un Québec uni et qu’elle met sa passion d’aider les gens à atteindre tout leur potentiel au service de ce programme. Elle comprend que ça passe par un dialogue collectif, mais aussi personnalisé avec les parties prenantes.

Je pense avant de lire l’ouvrage, on a une belle idée du Québec qui l’habite. À travers ce livre, la cheffe nous amènera dans les vestiaires de sa vie personnelle, nous connaitrons donc la femme imparfaite et résiliente qui, comme nous tous, a vécu un certain nombre d’évènements, et qui finalement a osé poursuivre un rêve ambitieux.

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