Post mortem électoral

Dernière modification le 28 September 2021 à 01h32

L’élection fédérale 2021 fut à la fois une première, mais aussi la dernière en son genre. Enfin, espérons que c’était la dernière en son genre…

Je crois et je souhaite vivement que ce soit la dernière élection en contexte de pandémie. Je pense que la crise sanitaire a été un frein à la participation démocratique. Même si personnellement, je ne me suis pas sentie craintive lorsque je me suis présentée à l’église qui nous servait de bureau de vote le jour J, je crois que plusieurs Canadiens, craintifs pour leur santé se sont abstenus de voter. Je n’ai pas été offusquée de voir des élections générales déclenchées au Canada par Justin Trudeau pendant que des experts de la santé criaient à la 4e vague de pandémie.
Je crois très sincèrement que Justin Trudeau a bien compris que les Canadiens attendent de lui une collaboration avec les partis d’opposition. Peu importe quelles étaient ses motivations en déclenchant une élection générale en pleine pandémie, le résultat est clair : nous voulons un gouvernement collaboratif et non autoritaire. Un résultat très similaire à celui de 2019 malgré le contexte très différent.

Je crois aussi qu’il fera le maximum pour faire tenir ce gouvernement le plus longtemps possible, mais est-ce possible, est-ce vraiment réaliste, dans le contexte actuel de partisanerie abusive, de s’attendre d’un gouvernement minoritaire de gouverner, négocier, consulter, faire des compromis pendant 4 ans? Nous savons qu’aucun gouvernement minoritaire n’a tenu cette durée. D’ailleurs, la durée de vie moyenne d’un gouvernement minoritaire est d’environ 18 à 22 mois.

Alors, est-ce que les Canadiens en voudront à Justin Trudeau de déclencher des élections dans 22 mois ? J’espère que non en tout cas. Je pense qu’il a agi comme n’importe quel politicien à sa place aurait agi. J’ai trouvé malsains et de mauvaise foi les propos tenus par les autres chefs des partis à l’endroit du premier ministre sortant sur la question. Je crois fermement qu’Erin O’Toole (PC), Yves-François Blanchet (BQ), Jagmeet Singh (NPD), Ananie Paul (PVC) ou n’importe quel(le) autre chef(fe) de gouvernement minoritaire aurait déclenché des élections en 2021 après quelque 20 mois au pouvoir. Les bloquistes ont tenté d’en faire l’enjeu de l’urne, avant de sauter sur le thème de la « défense des Québécois » à la suite du débat en anglais.

Les Canadiens et les Québécois ont néanmoins renouvelé leurs confiances aux libéraux en leur confiant un 3e mandat, un 2e minoritaire. Le chef bloquiste n’a pas réussi son pari de faire élire 40 députés au Québec, le chef conservateur n’a pas réussi son pari de devenir premier ministre, le chef du NPD n’a pas réussi son pari de faire élire plus de députés au Québec, la cheffe du PVC n’a pas réussi son pari de se faire élire dans sa circonscription et de faire élire plus de députés à travers le pays. Les changements climatiques, la gestion de la pandémie, la pénurie de main-d’œuvre, le rôle du Canada dans les conflits internationaux étaient les enjeux principaux de cette campagne.

Une première pour les mises en candidatures, tous partis confondus. Je peux dire que je suis particulièrement fière de tous les partis pour avoir d’adopté une diversité culturelle et de groupe d’âges des candidats. C’était fort gratifiant de vivre et témoigner de ces moments d’inclusion et d’opportunité pour la jeunesse québécoise et canadienne. Particulièrement de témoigner de la première femme noire à diriger un parti fédéral et participer aux débats des chefs. On peut dire bien des choses sur son leadership, mais on ne peut lui enlever ni son parcours ni ses acquis. Malgré qu’elle n’ait pas pu se sécuriser une place au parlement canadien, je salut et demeure inspirée par son courage d’embarquer dans cette aventure et le symbole d’ouverture d’esprit dont les membres du Parti Vert du Canada ont fait preuve en votant pour elle.

Outre la chefferie, les jeunes étaient présents et bien représentés. Même si je dénonce le fait que ces derniers n’étaient pas forcément dans des « châteaux » forts. On peut penser aux candidates Fabiola Ngamaleu Teumeni et Camille Esther Garon du NPD dans Dorval-Lachine-Lasalle et Beauport-Limoilou, aux candidates libérales Théodora Bajkin et Javeria Qureshi dans Rivière-du-Nord et Montcalm et aux candidats bloquistes Thierry Bilodeau et Shophika Vaithyanathasarma dans Louis-Saint-Laurent et Rosemont, etc. Je salut et demeure inspirée par ces jeunes qui ont eu le courage et l’appuie de leurs proches pour le saut en politique fédérale ! La jeunesse et la diversité ont été bien représentées et je crois fermement que plus de jeunes s’engageront. Les barrières existantes d’autrefois se brisent graduellement et je suis convaincue que nous sommes à la veille de quelque chose de révolutionnaire.

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L’élection fédérale 2021 fut à la fois une première, mais aussi la dernière en son genre. Enfin, espérons que c’était la dernière en son genre…

Je crois et je souhaite vivement que ce soit la dernière élection en contexte de pandémie. Je pense que la crise sanitaire a été un frein à la participation démocratique. Même si personnellement, je ne me suis pas sentie craintive lorsque je me suis présentée à l’église qui nous servait de bureau de vote le jour J, je crois que plusieurs Canadiens, craintifs pour leur santé se sont abstenus de voter. Je n’ai pas été offusquée de voir des élections générales déclenchées au Canada par Justin Trudeau pendant que des experts de la santé criaient à la 4e vague de pandémie.
Je crois très sincèrement que Justin Trudeau a bien compris que les Canadiens attendent de lui une collaboration avec les partis d’opposition. Peu importe quelles étaient ses motivations en déclenchant une élection générale en pleine pandémie, le résultat est clair : nous voulons un gouvernement collaboratif et non autoritaire. Un résultat très similaire à celui de 2019 malgré le contexte très différent.

Je crois aussi qu’il fera le maximum pour faire tenir ce gouvernement le plus longtemps possible, mais est-ce possible, est-ce vraiment réaliste, dans le contexte actuel de partisanerie abusive, de s’attendre d’un gouvernement minoritaire de gouverner, négocier, consulter, faire des compromis pendant 4 ans? Nous savons qu’aucun gouvernement minoritaire n’a tenu cette durée. D’ailleurs, la durée de vie moyenne d’un gouvernement minoritaire est d’environ 18 à 22 mois.

Alors, est-ce que les Canadiens en voudront à Justin Trudeau de déclencher des élections dans 22 mois ? J’espère que non en tout cas. Je pense qu’il a agi comme n’importe quel politicien à sa place aurait agi. J’ai trouvé malsains et de mauvaise foi les propos tenus par les autres chefs des partis à l’endroit du premier ministre sortant sur la question. Je crois fermement qu’Erin O’Toole (PC), Yves-François Blanchet (BQ), Jagmeet Singh (NPD), Ananie Paul (PVC) ou n’importe quel(le) autre chef(fe) de gouvernement minoritaire aurait déclenché des élections en 2021 après quelque 20 mois au pouvoir. Les bloquistes ont tenté d’en faire l’enjeu de l’urne, avant de sauter sur le thème de la « défense des Québécois » à la suite du débat en anglais.

Les Canadiens et les Québécois ont néanmoins renouvelé leurs confiances aux libéraux en leur confiant un 3e mandat, un 2e minoritaire. Le chef bloquiste n’a pas réussi son pari de faire élire 40 députés au Québec, le chef conservateur n’a pas réussi son pari de devenir premier ministre, le chef du NPD n’a pas réussi son pari de faire élire plus de députés au Québec, la cheffe du PVC n’a pas réussi son pari de se faire élire dans sa circonscription et de faire élire plus de députés à travers le pays. Les changements climatiques, la gestion de la pandémie, la pénurie de main-d’œuvre, le rôle du Canada dans les conflits internationaux étaient les enjeux principaux de cette campagne.

Une première pour les mises en candidatures, tous partis confondus. Je peux dire que je suis particulièrement fière de tous les partis pour avoir d’adopté une diversité culturelle et de groupe d’âges des candidats. C’était fort gratifiant de vivre et témoigner de ces moments d’inclusion et d’opportunité pour la jeunesse québécoise et canadienne. Particulièrement de témoigner de la première femme noire à diriger un parti fédéral et participer aux débats des chefs. On peut dire bien des choses sur son leadership, mais on ne peut lui enlever ni son parcours ni ses acquis. Malgré qu’elle n’ait pas pu se sécuriser une place au parlement canadien, je salut et demeure inspirée par son courage d’embarquer dans cette aventure et le symbole d’ouverture d’esprit dont les membres du Parti Vert du Canada ont fait preuve en votant pour elle.

Outre la chefferie, les jeunes étaient présents et bien représentés. Même si je dénonce le fait que ces derniers n’étaient pas forcément dans des « châteaux » forts. On peut penser aux candidates Fabiola Ngamaleu Teumeni et Camille Esther Garon du NPD dans Dorval-Lachine-Lasalle et Beauport-Limoilou, aux candidates libérales Théodora Bajkin et Javeria Qureshi dans Rivière-du-Nord et Montcalm et aux candidats bloquistes Thierry Bilodeau et Shophika Vaithyanathasarma dans Louis-Saint-Laurent et Rosemont, etc. Je salut et demeure inspirée par ces jeunes qui ont eu le courage et l’appuie de leurs proches pour le saut en politique fédérale ! La jeunesse et la diversité ont été bien représentées et je crois fermement que plus de jeunes s’engageront. Les barrières existantes d’autrefois se brisent graduellement et je suis convaincue que nous sommes à la veille de quelque chose de révolutionnaire.

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