Le langage, un besoin essentiel

Dernière modification le 17 October 2021 à 09h15

La semaine québécoise de la sensibilisation du trouble développemental du langage (TDL) s’est déroulée du 10 au 16 octobre 2021 avec le 15 octobre symbolisant la journée internationale du TDL. La mission principale cette année était d’interpeler les acteurs politiques particulièrement les ministres Jean-François Roberge et Christian Dubé de l’Éducation et de la santé respectivement.

Pour l’occasion, les professionnels du secteur à travers le Québec ont parlé de la réalité des personnes concernées par le TDL, de l’offre de service ou plutôt la rareté de ce dernier dans les écoles publiques primaires et postsecondaires du Québec et du manque de financement pour la recherche.

Selon le Groupe québécois de sensibilisation au Trouble développemental du Langage « Parlons Dysphasie-Parlons TDL », 7,5 % de la population est touchée par ce trouble invisible dont les causes sont toujours inconnues à ce jour. Au Québec, ce trouble est souvent détecté lorsque l’enfant est en préscolaire, donc autour de 4-5 ans. L’Ordre des orthophonistes et audiologistes du Québec (OOAQ) définit le TDL comme un trouble neurologique entraînant des difficultés importantes dans le développement, l’apprentissage, l’utilisation et la maitrise du langage.

Ce trouble persiste tout au long de la vie de la personne qui en souffre et entraîne des enjeux importants à communiquer à l’école, au travail ainsi que dans la vie de tous les jours. L’OOAQ souligne aussi que le TDL n’est pas causé par l’autisme, un autre trouble neurodéveloppemental souvent détecté à la petite enfance.

Pour souligner la journée internationale du TDL, un point de presse a été organisé par « Parlons Dysphasie – Parlons TDL » mettant en avant des Québécois vivant avec ce trouble depuis leur enfance, témoignant de leurs difficultés sociales et de la rareté des services d’aide et d’adaptation dans les réseaux scolaires et de la santé. On pouvait aussi entendre un chercheur qui plaidait pour que le gouvernement finance plus de recherches sur le TDL et les troubles associés, car les diagnostics vont en augmentant au sein de la population.

Étaient aussi présents des représentants d’organismes communautaires œuvrant dans la sensibilisation sur les TDL et troubles connexes qui ont parlé de marginalisation des familles à faibles revenus et des minorités ethniques et linguistiques ayant des enfants qui reçoivent un diagnostic TDL. J’ai particulièrement été touchée par 2 témoignages : d’abord celui d’une dame dans la trentaine, qui relate avoir reçu un diagnostic du TDL au primaire et que sa fille a aussi reçu un diagnostic TDL au même âge. Elle poursuit en parlant du combat mené par sa mère pour trouver des services adaptés à l’époque pour elle, et qu’aujourd’hui, 30 ans plus tard, elle mène le même combat, pour sa fille. Ensuite, le témoignage de l’orthophoniste Lorianne Lacerte, qui parlait des longues listes d’attentes pour les services, des parents, écoles et centres de services scolaires qui payent pour des services en orthophonie et neuropsychiatrie au privé cause de rareté dans le réseau public.

En tant qu’intervenante en milieu scolaire au niveau primaire, je travaille beaucoup avec des parents dont les enfants ont beaucoup de difficultés d’apprentissage et qui ont reçu des évaluations et/ou des diagnostics de TDL. Je peux attester de la sous information chez ces derniers menant à une certaine fragilisation du tissu familial. Dans le cadre de mon travail, je participe aussi à des rencontres avec les équipes-écoles. Les orthophonistes, orthopédagogues, psychoéducateurs et direction d’école font leur maximum pour accompagner les familles et développer des plans d’intervention pour favoriser la réussite scolaire de façon équitable de tous les enfants.

Cependant, plus pourrait être fait si plus de ressources financières pour la recherche et les services étaient disponible pour soutenir les familles et les écoles demeure un fardeau important et non négligeable pour nos enfants. Les orthophonistes évaluent à 2 ans le retard sur l’apprentissage général pour les personnes souffrant de TDL par à rapport « à la norme ». Je pense que le gouvernement pourrait financer des campagnes publicitaires de sensibilisation, recruter, à temps plein, plus de professionnels dans les écoles primaires et même faire de la prévention dans les centres de la petite enfance et les services de garde.

Si cet enjeu vous parle, que vous soyez parent, parenté, amis proches, éducatrice (teur), je vous invite à consulter le site de l’ordre des Orthophonistes et audiologiste du Québec pour apprendre plus sur comment aider et faire la différence pour un enfant, une famille, une communauté.

Partager l'article

Par Christina Eyangos

Collaboratrice

Abonnement à l'infolettre

Pour ne rien manquer de la part de notre équipe de la rédaction. Inscrivez-vous à notre infolettre.

Le langage, un besoin essentiel

Dernière modification le 17 October 2021 à 09h15

La semaine québécoise de la sensibilisation du trouble développemental du langage (TDL) s’est déroulée du 10 au 16 octobre 2021 avec le 15 octobre symbolisant la journée internationale du TDL. La mission principale cette année était d’interpeler les acteurs politiques particulièrement les ministres Jean-François Roberge et Christian Dubé de l’Éducation et de la santé respectivement.

Pour l’occasion, les professionnels du secteur à travers le Québec ont parlé de la réalité des personnes concernées par le TDL, de l’offre de service ou plutôt la rareté de ce dernier dans les écoles publiques primaires et postsecondaires du Québec et du manque de financement pour la recherche.

Selon le Groupe québécois de sensibilisation au Trouble développemental du Langage « Parlons Dysphasie-Parlons TDL », 7,5 % de la population est touchée par ce trouble invisible dont les causes sont toujours inconnues à ce jour. Au Québec, ce trouble est souvent détecté lorsque l’enfant est en préscolaire, donc autour de 4-5 ans. L’Ordre des orthophonistes et audiologistes du Québec (OOAQ) définit le TDL comme un trouble neurologique entraînant des difficultés importantes dans le développement, l’apprentissage, l’utilisation et la maitrise du langage.

Ce trouble persiste tout au long de la vie de la personne qui en souffre et entraîne des enjeux importants à communiquer à l’école, au travail ainsi que dans la vie de tous les jours. L’OOAQ souligne aussi que le TDL n’est pas causé par l’autisme, un autre trouble neurodéveloppemental souvent détecté à la petite enfance.

Pour souligner la journée internationale du TDL, un point de presse a été organisé par « Parlons Dysphasie – Parlons TDL » mettant en avant des Québécois vivant avec ce trouble depuis leur enfance, témoignant de leurs difficultés sociales et de la rareté des services d’aide et d’adaptation dans les réseaux scolaires et de la santé. On pouvait aussi entendre un chercheur qui plaidait pour que le gouvernement finance plus de recherches sur le TDL et les troubles associés, car les diagnostics vont en augmentant au sein de la population.

Étaient aussi présents des représentants d’organismes communautaires œuvrant dans la sensibilisation sur les TDL et troubles connexes qui ont parlé de marginalisation des familles à faibles revenus et des minorités ethniques et linguistiques ayant des enfants qui reçoivent un diagnostic TDL. J’ai particulièrement été touchée par 2 témoignages : d’abord celui d’une dame dans la trentaine, qui relate avoir reçu un diagnostic du TDL au primaire et que sa fille a aussi reçu un diagnostic TDL au même âge. Elle poursuit en parlant du combat mené par sa mère pour trouver des services adaptés à l’époque pour elle, et qu’aujourd’hui, 30 ans plus tard, elle mène le même combat, pour sa fille. Ensuite, le témoignage de l’orthophoniste Lorianne Lacerte, qui parlait des longues listes d’attentes pour les services, des parents, écoles et centres de services scolaires qui payent pour des services en orthophonie et neuropsychiatrie au privé cause de rareté dans le réseau public.

En tant qu’intervenante en milieu scolaire au niveau primaire, je travaille beaucoup avec des parents dont les enfants ont beaucoup de difficultés d’apprentissage et qui ont reçu des évaluations et/ou des diagnostics de TDL. Je peux attester de la sous information chez ces derniers menant à une certaine fragilisation du tissu familial. Dans le cadre de mon travail, je participe aussi à des rencontres avec les équipes-écoles. Les orthophonistes, orthopédagogues, psychoéducateurs et direction d’école font leur maximum pour accompagner les familles et développer des plans d’intervention pour favoriser la réussite scolaire de façon équitable de tous les enfants.

Cependant, plus pourrait être fait si plus de ressources financières pour la recherche et les services étaient disponible pour soutenir les familles et les écoles demeure un fardeau important et non négligeable pour nos enfants. Les orthophonistes évaluent à 2 ans le retard sur l’apprentissage général pour les personnes souffrant de TDL par à rapport « à la norme ». Je pense que le gouvernement pourrait financer des campagnes publicitaires de sensibilisation, recruter, à temps plein, plus de professionnels dans les écoles primaires et même faire de la prévention dans les centres de la petite enfance et les services de garde.

Si cet enjeu vous parle, que vous soyez parent, parenté, amis proches, éducatrice (teur), je vous invite à consulter le site de l’ordre des Orthophonistes et audiologiste du Québec pour apprendre plus sur comment aider et faire la différence pour un enfant, une famille, une communauté.

Partager l'article

Par Christina Eyangos

Collaboratrice

Abonnement à l'infolettre

Pour ne rien manquer de la part de notre équipe de la rédaction. Inscrivez-vous à notre infolettre.