La lumière est le meilleur désinfectant

Dernière modification le 14 April 2021 à 01h36
Photo Samuel Lamarche.

Une pétition circule actuellement pour une enquête publique et indépendante sur la gestion de la pandémie du gouvernement. Après tout, le Québec affiche le pire bilan au Canada, a subi une hécatombe particulièrement brutale en CHSLD et RPA. Notre voisin ontarien, outil de comparaison favori de notre premier ministre, ayant un meilleur bilan a tout de même mis en place une commission d’enquête publique et indépendante.

Ce refus de la part du gouvernement est inquiétant, mais n’est pas vraiment surprenant. C’est en effet un problème qui revient très souvent avec ce gouvernement caquiste. Le manque de transparence est une critique légitime de ce gouvernement. Malheureusement, en temps de crise sanitaire et avec les pouvoirs exceptionnels qui sont octroyés au gouvernement pour cette raison, ce manque de transparence est dommageable pour nos institutions et notre démocratie.

Cette fâcheuse tendance à vouloir absolument contrôler l’information est franchement désagréable et infantilisante. On semble assumer que la population ne pourrait pas utiliser cette information de manière utile, ou alors pas d’une façon utile au gouvernement? Il suffit de penser au patinage artistique du ministre Roberge autour de son protocole d’évaluation de la qualité de l’air. Longtemps critiqué, il s’était réfugié derrière l’INSPQ et la santé publique, mais s’était retrouvé encore plus dans l’embarras lorsque ces institutions ont démenti avoir été consultées ou donné leur approbation.

Pas seulement en lien avec la pandémie.

Il ne faudrait pas croire que le gouvernement caquiste camoufle et contrôle l’information seulement pour ce qui concerne la pandémie. On oublie trop facilement que le ministère de l’Économie a débuté la vente de données médicales des citoyens québécois en catimini. Une décision qui aurait normalement causé un scandale, mais qui s’est retrouvée balayée sous le tapis en raison de la Covid-19.

Lors d’une récente commission parlementaire, le ministre du numérique : Éric Caire a bloqué un amendement solidaire visant à interdire la vente des informations de santé à des fins commerciales. Il a même ouvert la porte à vendre les données fiscales des citoyens avant de fermer la porte à un débat sur le projet de loi. Il faut aussi se souvenir que la CAQ avait refusé de tenir une commission parlementaire sur le sujet, malgré l’unanimité dans l’opposition et les inquiétudes du public.

Une impression de déjà-vu.

Quand je vois François Legault et la CAQ refuser obstinément la tenue d’une enquête publique et indépendante sur la gestion de la pandémie. Quand je vois le premier ministre s’autocongratuler pour sa gestion « sans fautes » se féliciter d’avoir été plus prudent que la santé publique, je ne peux pas m’empêcher de voir Jean Charest qui refusait de tenir une commission d’enquête publique sur la corruption…

Le problème, c’est que je trouve ce refus encore plus problématique, car on pourrait faire une telle enquête dans une optique de s’améliorer, de sauver des vies à l’avenir, déterminer les faiblesses et les points de rupture du système de santé. La plupart des Québécois s’entendent sur le fait que les problèmes ayant causés l’hécatombe précédaient le gouvernement caquiste, pourquoi ne pas utiliser ce consensus pour chercher des solutions, des leçons plutôt que des coupables? Hélas, la simple idée de ne pas pouvoir contrôler l’information et la trame narrative semble terrifier la CAQ.

Pour signer la pétition demandant une enquête publique indépendante : https://enquete-publique.quebec/

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Photo Samuel Lamarche.
Par Samuel Lamarche

Animateur et rédacteur en chef

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Une pétition circule actuellement pour une enquête publique et indépendante sur la gestion de la pandémie du gouvernement. Après tout, le Québec affiche le pire bilan au Canada, a subi une hécatombe particulièrement brutale en CHSLD et RPA. Notre voisin ontarien, outil de comparaison favori de notre premier ministre, ayant un meilleur bilan a tout de même mis en place une commission d’enquête publique et indépendante.

Ce refus de la part du gouvernement est inquiétant, mais n’est pas vraiment surprenant. C’est en effet un problème qui revient très souvent avec ce gouvernement caquiste. Le manque de transparence est une critique légitime de ce gouvernement. Malheureusement, en temps de crise sanitaire et avec les pouvoirs exceptionnels qui sont octroyés au gouvernement pour cette raison, ce manque de transparence est dommageable pour nos institutions et notre démocratie.

Cette fâcheuse tendance à vouloir absolument contrôler l’information est franchement désagréable et infantilisante. On semble assumer que la population ne pourrait pas utiliser cette information de manière utile, ou alors pas d’une façon utile au gouvernement? Il suffit de penser au patinage artistique du ministre Roberge autour de son protocole d’évaluation de la qualité de l’air. Longtemps critiqué, il s’était réfugié derrière l’INSPQ et la santé publique, mais s’était retrouvé encore plus dans l’embarras lorsque ces institutions ont démenti avoir été consultées ou donné leur approbation.

Pas seulement en lien avec la pandémie.

Il ne faudrait pas croire que le gouvernement caquiste camoufle et contrôle l’information seulement pour ce qui concerne la pandémie. On oublie trop facilement que le ministère de l’Économie a débuté la vente de données médicales des citoyens québécois en catimini. Une décision qui aurait normalement causé un scandale, mais qui s’est retrouvée balayée sous le tapis en raison de la Covid-19.

Lors d’une récente commission parlementaire, le ministre du numérique : Éric Caire a bloqué un amendement solidaire visant à interdire la vente des informations de santé à des fins commerciales. Il a même ouvert la porte à vendre les données fiscales des citoyens avant de fermer la porte à un débat sur le projet de loi. Il faut aussi se souvenir que la CAQ avait refusé de tenir une commission parlementaire sur le sujet, malgré l’unanimité dans l’opposition et les inquiétudes du public.

Une impression de déjà-vu.

Quand je vois François Legault et la CAQ refuser obstinément la tenue d’une enquête publique et indépendante sur la gestion de la pandémie. Quand je vois le premier ministre s’autocongratuler pour sa gestion « sans fautes » se féliciter d’avoir été plus prudent que la santé publique, je ne peux pas m’empêcher de voir Jean Charest qui refusait de tenir une commission d’enquête publique sur la corruption…

Le problème, c’est que je trouve ce refus encore plus problématique, car on pourrait faire une telle enquête dans une optique de s’améliorer, de sauver des vies à l’avenir, déterminer les faiblesses et les points de rupture du système de santé. La plupart des Québécois s’entendent sur le fait que les problèmes ayant causés l’hécatombe précédaient le gouvernement caquiste, pourquoi ne pas utiliser ce consensus pour chercher des solutions, des leçons plutôt que des coupables? Hélas, la simple idée de ne pas pouvoir contrôler l’information et la trame narrative semble terrifier la CAQ.

Pour signer la pétition demandant une enquête publique indépendante : https://enquete-publique.quebec/

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