Sérieusement Martine?

Dernière modification le 14 May 2021 à 11h57

Il y a des nouvelles auxquelles on ne s’attend pas vraiment : le Canadien gagne la coupe, Justin Trudeau s’excuse pour la crise d’octobre ou Martine Ouellet fait un parti indépendantiste au provincial. Le hic dans tout cela? Ce n’est pas les deux premières options qui sont arrivées.

J’ai presque l’impression de revivre une bonne vieille soirée en camping ou nous avions eu la malchance d’avoir un moustique dans la tente. Pourtant si petit, il faisait un bruit fort désagréable et était résolu à ne pas être trouvé avant d’avoir pu nous piquer. J’ai cette même impression avec Martine, car même si l’histoire se répète, même si les gens lui montrent la porte à plusieurs reprises, elle trouve toujours un moyen de revenir avec quelques fidèles.

Martine est une indépendantiste pure et dure, c’est bien connu et c’est sa marque de commerce d’ailleurs, mais je crains qu’entre ses convictions et leurs applications, un problème apparaisse. Voyez-vous, à une époque où les partis indépendantistes battent de l’aile, il semblerait que plusieurs personnes comme Martine se disent que la solution pour avoir plus de votes est d’avoir plus de partis. Si on offre assez de saveur d’indépendance peut-être qu’on va finir par l’avoir qu’ils se disent, mais la seule chose que cela fait, c’est qu’aux élections, le vote indépendantiste se divise en trois, quatre ou même cinq au rythme où vont les choses. Inversement, le vote fédéraliste est très efficace et se divise au maximum en deux partis.

Qu’on me dise si je me trompe, mais à ma connaissance, le Québec n’a toujours pas réformé son mode de scrutin pour un système de type proportionnel. C’est donc une véritable opération de vampirisme que de créer un parti politique indépendantiste à l’heure actuelle.

Encore, ce ne serait que pour l’indépendance, je serais découragé, mais en plus de l’indépendance, son parti se veut centrer sur la question climatique. Les mêmes arguments reviennent alors avec une pertinence redoublée! Comment justifier la division du vote environnemental alors que la question est aussi urgente et qu’à l’heure actuelle, le parti au pouvoir est le parti se souciant le moins de la crise climatique? Alors que la crise climatique requiert un travail d’équipe, des compromis et un pouvoir politique fort, on s’amuse à fracturer ce front commun pour cause de pureté idéologique. Pardonnez mon exaspération, mais la pureté des idées n’équivaut pas à la pureté de notre air et de notre eau.

Quand je vois tous ces partis et ces mouvements pousser comme des champignons, je ne peux pas m’empêcher de me dire que ces gens ont mal interprété la maxime : diviser pour mieux régner. Ironiquement, ils l’appliquent à merveille, mais cette division, bien loin d’être à leur avantage, profite à ceux qu’ils proclament détester. Cette même vieille garde néolibérale peu soucieuse de l’environnement et des inégalités, cette même vieille garde responsable du déclin de nos services publics et de nos infrastructures. Cette vieille garde est morte de rire de voir son opposition se désintégrer et l’on se retrouve avec un parti libéral nationaliste au pouvoir contre un parti libéral moins nationaliste dans l’opposition.

Vous aurez compris que je suis las de voir l’incompréhension du système politique profiter à mes rivaux et nuire à notre capacité d’améliorer notre sort. À quel endroit est-ce que l’indépendance et les intérêts du Québec sont le mieux représentés? Au fédéral diable! Pourquoi donc? Parce que des gens ayant des opinions divergentes parfois d’un extrême à l’autre ont su mettre leurs différents de côté, travailler en équipe dans un objectif commun : défendre le Québec, promouvoir ses intérêts sans compromis.

Nous sommes une minorité dans le Canada et l’Amérique du Nord, mais nous refusons d’agir selon cette réalité et nous nous permettons le luxe de faire la fine bouche, de diviser nos forces pour un oui ou un non. Pendant ce temps, le régime fédéral et les forces anglophones s’unissent dans un objectif commun : maintenir le statu quo.

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Photo Samuel Lamarche.
Par Samuel Lamarche

Fondateur

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Il y a des nouvelles auxquelles on ne s’attend pas vraiment : le Canadien gagne la coupe, Justin Trudeau s’excuse pour la crise d’octobre ou Martine Ouellet fait un parti indépendantiste au provincial. Le hic dans tout cela? Ce n’est pas les deux premières options qui sont arrivées.

J’ai presque l’impression de revivre une bonne vieille soirée en camping ou nous avions eu la malchance d’avoir un moustique dans la tente. Pourtant si petit, il faisait un bruit fort désagréable et était résolu à ne pas être trouvé avant d’avoir pu nous piquer. J’ai cette même impression avec Martine, car même si l’histoire se répète, même si les gens lui montrent la porte à plusieurs reprises, elle trouve toujours un moyen de revenir avec quelques fidèles.

Martine est une indépendantiste pure et dure, c’est bien connu et c’est sa marque de commerce d’ailleurs, mais je crains qu’entre ses convictions et leurs applications, un problème apparaisse. Voyez-vous, à une époque où les partis indépendantistes battent de l’aile, il semblerait que plusieurs personnes comme Martine se disent que la solution pour avoir plus de votes est d’avoir plus de partis. Si on offre assez de saveur d’indépendance peut-être qu’on va finir par l’avoir qu’ils se disent, mais la seule chose que cela fait, c’est qu’aux élections, le vote indépendantiste se divise en trois, quatre ou même cinq au rythme où vont les choses. Inversement, le vote fédéraliste est très efficace et se divise au maximum en deux partis.

Qu’on me dise si je me trompe, mais à ma connaissance, le Québec n’a toujours pas réformé son mode de scrutin pour un système de type proportionnel. C’est donc une véritable opération de vampirisme que de créer un parti politique indépendantiste à l’heure actuelle.

Encore, ce ne serait que pour l’indépendance, je serais découragé, mais en plus de l’indépendance, son parti se veut centrer sur la question climatique. Les mêmes arguments reviennent alors avec une pertinence redoublée! Comment justifier la division du vote environnemental alors que la question est aussi urgente et qu’à l’heure actuelle, le parti au pouvoir est le parti se souciant le moins de la crise climatique? Alors que la crise climatique requiert un travail d’équipe, des compromis et un pouvoir politique fort, on s’amuse à fracturer ce front commun pour cause de pureté idéologique. Pardonnez mon exaspération, mais la pureté des idées n’équivaut pas à la pureté de notre air et de notre eau.

Quand je vois tous ces partis et ces mouvements pousser comme des champignons, je ne peux pas m’empêcher de me dire que ces gens ont mal interprété la maxime : diviser pour mieux régner. Ironiquement, ils l’appliquent à merveille, mais cette division, bien loin d’être à leur avantage, profite à ceux qu’ils proclament détester. Cette même vieille garde néolibérale peu soucieuse de l’environnement et des inégalités, cette même vieille garde responsable du déclin de nos services publics et de nos infrastructures. Cette vieille garde est morte de rire de voir son opposition se désintégrer et l’on se retrouve avec un parti libéral nationaliste au pouvoir contre un parti libéral moins nationaliste dans l’opposition.

Vous aurez compris que je suis las de voir l’incompréhension du système politique profiter à mes rivaux et nuire à notre capacité d’améliorer notre sort. À quel endroit est-ce que l’indépendance et les intérêts du Québec sont le mieux représentés? Au fédéral diable! Pourquoi donc? Parce que des gens ayant des opinions divergentes parfois d’un extrême à l’autre ont su mettre leurs différents de côté, travailler en équipe dans un objectif commun : défendre le Québec, promouvoir ses intérêts sans compromis.

Nous sommes une minorité dans le Canada et l’Amérique du Nord, mais nous refusons d’agir selon cette réalité et nous nous permettons le luxe de faire la fine bouche, de diviser nos forces pour un oui ou un non. Pendant ce temps, le régime fédéral et les forces anglophones s’unissent dans un objectif commun : maintenir le statu quo.

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