Où sont nos élus?

Dernière modification le 11 February 2022 à 09h52
Photo Samuel Lamarche.

Il est rare dans l’ensemble de l’histoire humaine que la société libre et démocratique soit perçue comme la normalité, que cette période coïncide avec une pandémie mondiale est encore plus exceptionnel.

Nous aurions été en droit de nous attendre à une gestion de la crise respectant un minimum les droits et libertés des citoyens, particulièrement lorsque les données scientifiques entourant la nouvelle maladie ont commencé à être disponibles. Au lieu de profiter de l’incroyable avantage d’avoir des données en temps réels, nous avons préféré agir de manière animale, de manière brutale.

Nous avons vu avec la pandémie que nos institutions, nos droits et nos libertés ne sont rien de plus que de l’encre sur du papier et que la moindre justification, aussi faible soit-elle, permettait des abus considérables. Nous avons réalisé pour plusieurs que la démocratie au Québec et au Canada ne voulait pas dire grand-chose. La participation citoyenne étant limitée à un vote peu représentatif à une période fixe. La population devant ensuite tolérer ce que les « représentants » dictent à la population.

Pire encore, devant les abus de nos élus, les institutions censées agir en garde-fou se sont révélées impuissantes ou n’ont pas voulu intervenir. Les médias ont été noyés dans les publicités et les subventions gouvernementales, les cours de justice incapable de protéger les droits des citoyens sur la plupart des enjeux, victime d’une interprétation très permissive de l’article 1 de la charte canadienne des droits et libertés, mais aussi consciente de l’historique des nominations partisanes à la magistrature au Canada. (Voir le scandale de la libéraliste, la bataille de Londres et la nomination de l’avocat Aziz Hussain comme juge à la cour supérieure.)

Le Sénat, cette institution complètement désuète et rétrograde, justifiait son existence en se disant le dernier rempart contre la tyrannie. Le silence semble confortable pour ces « gardiens de la liberté ».
Malgré la quantité astronomique de données scientifiques, la population, incapable pour une grande partie de lire des textes complexes en français, encore moins en anglais, se tourne vers les médias pour une vulgarisation, pour avoir les faits.

Or, nous avons au Québec et au Canada un énorme déficit de faits et un incroyable surplus d’opinions. Je réalise l’ironie de cette phrase, moi qui suis le fondateur d’un média d’opinion, mais au moins, j’ai toujours eu la décence de ne pas proclamer que j’étais un journaliste.

Toutefois, ceux ayant l’insolence de le faire, ceux ayant donc la responsabilité, le devoir d’informer les gens ont eu l’indigeste idée de partir en croisade idéologique. Polarisation, mépris, dénigrement et soutien aveugle au gouvernement, la plupart des médias québécois se sont retrouvés à faire des articles, des vidéos, des topos sur les antivax, les complotistes, les covidiots, les touristatas, etc. La polarisation et la division est telle, que les enfants en sont rendus à être intimidé à l’école selon leur statut vaccinal.

Au milieu de tout cela se retrouvent nos élus. Nos députés censés nous représenter. Où sont Marc Picard, François Paradis, Dominique Viens et Jacques Gourde? Avez-vous l’impression d’être représenté? Avez-vous l’impression que la démocratie est fonctionnelle depuis 2 ans? Pouvez-vous me dire, concrètement, en quoi le système parlementaire que nous avons est différent d’un système avec un despote? Le Québec fonctionne par décret, sous l’état d’urgence depuis 2 ans. Le Québec n’a aucun système de contre-pouvoir pour limiter les actions de François Legault. Il est l’exécutif, le législatif et même une partie du judiciaire considérant qu’il s’est soustrait de la plupart des lois avec l’urgence sanitaire.Tout ça, avec la bénédiction du système de justice, l’un des plus permissif pendant la crise en occident.

Le seul contre-pouvoir de François Legault c’est sa députation. Pour François Paradis, son titre de président de l’Assemblée nationale rend la situation délicate, mais pour Marc Picard, quelles sont les excuses pour son silence, pour son consentement? En dehors de la région, comment Youri Chassin peut-il cautionner ces gestes et la croissance de l'État dans notre vie quotidienne?

Pour Justin Trudeau, le seul contre-pouvoir, c’est le parlement, mais où sont Jacques Gourde et Dominique Viens pour critiquer sa gestion de crise? Où sont ces deux conservateurs et que conservent-ils au juste à part leur chèque de paie?

Ce qui est encore plus ridicule, c’est qu’il aura fallu un député du parti Libéral de Justin Trudeau, Joel Lightbound pour dénoncer l’attitude et les mesures du gouvernement canadien. Pas un membre de l’opposition, pas un député conservateur, ou même un député d’une circonscription particulièrement marquée contre les mesures comme notre région. Clairement, nos élus locaux dans nos instances nationales ont échoué à leurs responsabilités.

N’ayez crainte, je ne viens pas vous dire que le Bloc aurait fait mieux. Dans la situation hypothétique où le ciel serait tombé sur Jacques Gourde et que j’avais remporté l’élection comme bloquiste, j’aurais certainement été dans une situation fâcheuse considérant la mollesse du Bloc sur les mêmes enjeux. J’aurais probablement été forcé de faire un Lightbound de moi-même, mais il ne faut pas croire qu’une telle décision se fera sans un coût immense politiquement.

Inutile de vous dire que j’avais déjà été fortement désabusé pendant et après la campagne, mais que cette vague d’omicron et la gestion de cette dernière m’ont rendu complètement cynique et désabusé. Nos élus et nos représentants vivent grassement à même nos taxes et impôts, mais nous ont complètement abandonné, ils savent que c’est désormais une vaste comédie, une pièce de théâtre. Ils ont pris les vestes de flottaison et nous ont laissés nous noyer. Ils font ensuite semblant d’être outrés lorsqu'on se débat pour maintenir la tête hors de l’eau.

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Par Samuel Lamarche

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Photo Samuel Lamarche.

Il est rare dans l’ensemble de l’histoire humaine que la société libre et démocratique soit perçue comme la normalité, que cette période coïncide avec une pandémie mondiale est encore plus exceptionnel.

Nous aurions été en droit de nous attendre à une gestion de la crise respectant un minimum les droits et libertés des citoyens, particulièrement lorsque les données scientifiques entourant la nouvelle maladie ont commencé à être disponibles. Au lieu de profiter de l’incroyable avantage d’avoir des données en temps réels, nous avons préféré agir de manière animale, de manière brutale.

Nous avons vu avec la pandémie que nos institutions, nos droits et nos libertés ne sont rien de plus que de l’encre sur du papier et que la moindre justification, aussi faible soit-elle, permettait des abus considérables. Nous avons réalisé pour plusieurs que la démocratie au Québec et au Canada ne voulait pas dire grand-chose. La participation citoyenne étant limitée à un vote peu représentatif à une période fixe. La population devant ensuite tolérer ce que les « représentants » dictent à la population.

Pire encore, devant les abus de nos élus, les institutions censées agir en garde-fou se sont révélées impuissantes ou n’ont pas voulu intervenir. Les médias ont été noyés dans les publicités et les subventions gouvernementales, les cours de justice incapable de protéger les droits des citoyens sur la plupart des enjeux, victime d’une interprétation très permissive de l’article 1 de la charte canadienne des droits et libertés, mais aussi consciente de l’historique des nominations partisanes à la magistrature au Canada. (Voir le scandale de la libéraliste, la bataille de Londres et la nomination de l’avocat Aziz Hussain comme juge à la cour supérieure.)

Le Sénat, cette institution complètement désuète et rétrograde, justifiait son existence en se disant le dernier rempart contre la tyrannie. Le silence semble confortable pour ces « gardiens de la liberté ».
Malgré la quantité astronomique de données scientifiques, la population, incapable pour une grande partie de lire des textes complexes en français, encore moins en anglais, se tourne vers les médias pour une vulgarisation, pour avoir les faits.

Or, nous avons au Québec et au Canada un énorme déficit de faits et un incroyable surplus d’opinions. Je réalise l’ironie de cette phrase, moi qui suis le fondateur d’un média d’opinion, mais au moins, j’ai toujours eu la décence de ne pas proclamer que j’étais un journaliste.

Toutefois, ceux ayant l’insolence de le faire, ceux ayant donc la responsabilité, le devoir d’informer les gens ont eu l’indigeste idée de partir en croisade idéologique. Polarisation, mépris, dénigrement et soutien aveugle au gouvernement, la plupart des médias québécois se sont retrouvés à faire des articles, des vidéos, des topos sur les antivax, les complotistes, les covidiots, les touristatas, etc. La polarisation et la division est telle, que les enfants en sont rendus à être intimidé à l’école selon leur statut vaccinal.

Au milieu de tout cela se retrouvent nos élus. Nos députés censés nous représenter. Où sont Marc Picard, François Paradis, Dominique Viens et Jacques Gourde? Avez-vous l’impression d’être représenté? Avez-vous l’impression que la démocratie est fonctionnelle depuis 2 ans? Pouvez-vous me dire, concrètement, en quoi le système parlementaire que nous avons est différent d’un système avec un despote? Le Québec fonctionne par décret, sous l’état d’urgence depuis 2 ans. Le Québec n’a aucun système de contre-pouvoir pour limiter les actions de François Legault. Il est l’exécutif, le législatif et même une partie du judiciaire considérant qu’il s’est soustrait de la plupart des lois avec l’urgence sanitaire.Tout ça, avec la bénédiction du système de justice, l’un des plus permissif pendant la crise en occident.

Le seul contre-pouvoir de François Legault c’est sa députation. Pour François Paradis, son titre de président de l’Assemblée nationale rend la situation délicate, mais pour Marc Picard, quelles sont les excuses pour son silence, pour son consentement? En dehors de la région, comment Youri Chassin peut-il cautionner ces gestes et la croissance de l'État dans notre vie quotidienne?

Pour Justin Trudeau, le seul contre-pouvoir, c’est le parlement, mais où sont Jacques Gourde et Dominique Viens pour critiquer sa gestion de crise? Où sont ces deux conservateurs et que conservent-ils au juste à part leur chèque de paie?

Ce qui est encore plus ridicule, c’est qu’il aura fallu un député du parti Libéral de Justin Trudeau, Joel Lightbound pour dénoncer l’attitude et les mesures du gouvernement canadien. Pas un membre de l’opposition, pas un député conservateur, ou même un député d’une circonscription particulièrement marquée contre les mesures comme notre région. Clairement, nos élus locaux dans nos instances nationales ont échoué à leurs responsabilités.

N’ayez crainte, je ne viens pas vous dire que le Bloc aurait fait mieux. Dans la situation hypothétique où le ciel serait tombé sur Jacques Gourde et que j’avais remporté l’élection comme bloquiste, j’aurais certainement été dans une situation fâcheuse considérant la mollesse du Bloc sur les mêmes enjeux. J’aurais probablement été forcé de faire un Lightbound de moi-même, mais il ne faut pas croire qu’une telle décision se fera sans un coût immense politiquement.

Inutile de vous dire que j’avais déjà été fortement désabusé pendant et après la campagne, mais que cette vague d’omicron et la gestion de cette dernière m’ont rendu complètement cynique et désabusé. Nos élus et nos représentants vivent grassement à même nos taxes et impôts, mais nous ont complètement abandonné, ils savent que c’est désormais une vaste comédie, une pièce de théâtre. Ils ont pris les vestes de flottaison et nous ont laissés nous noyer. Ils font ensuite semblant d’être outrés lorsqu'on se débat pour maintenir la tête hors de l’eau.

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