La santé avant l’économie qu’ils disaient

Dernière modification le 14 March 2022 à 09h57
Photo Samuel Lamarche.

Vous l’avez sûrement entendu aussi souvent que moi, les mesures étaient en place pour sauver des vies. Les opposants aux mesures brutales étaient alors particulièrement inquiets des effets sur l’économie (entre autres choses) et se voyaient répondre que la santé et les vies passaient avant l’économie.

Deux ans plus tard, les études et les chiffres révèlent que les mesures ont eu un impact minime sur le nombre de morts. L’Ontario est dans un grand débat de chiffre sur le nombre réel de décès liés à la covid et certaines études tendent à démontrer que nous avons incroyablement sous-estimé la propagation du virus, même aux débuts et que dans les faits, nous avons tenté d’éteindre un feu de forêt avec un fusil à eau.

Or, si les effets pandémiques sont discutables (ce qui est déjà assez grave considérant la gravité des mesures), les effets sur l’économie sont excessivement visibles et assez brutaux. Les pénuries sont devenues la norme, les délais d’attente s’allongent et surtout l’inflation est forte. Cette satanée inflation que les États croyaient avoir vaincue est désormais de retour dans nos vies et croyez-moi, ce n’est pas une bonne nouvelle.

C’est quoi l’inflation?

Je sais que j’ai plusieurs amateurs d’économie dans nos abonnés, mais pour les débutants et curieux je vais tenter de faire une explication de ce phénomène très intéressant et vicieux.

L’inflation est un terme économique voulant dire que la monnaie perd de la valeur relativement aux biens et services que vous désirez acheter avec cette monnaie. Plus simplement plus d’inflation, c’est moins de pouvoir d’achat. Il vous coûte plus cher d’acheter les mêmes biens et services au fil du temps en raison de l’inflation.

Qu’est-ce qui cause l’inflation? Plusieurs choses, mais selon la théorie la plus acceptée mondialement (la théorie quantitative de la monnaie) est que l’inflation provient principalement d’une hausse de la monnaie en circulation pour une quantité de biens et services demeurant stables.

Pour simplifier, disons que deux personnes sont assises à une table. Sur cette table se trouve un deux litres de vodka. Les deux personnes possèdent respectivement 10$ et 9$. Disons que les deux personnes veulent le 2L de manière égale, le prix de la bouteille se situera à 10$ (le prix maximal possible lors d’une enchère).

Maintenant sur la table voisine, deux étudiants ayant la chance d’avoir des parents fortunés sont aussi dans le même dilemme, mais ils ont respectivement 100$ et 99$. Pour la même bouteille, la même quantité, le prix d’acquisition en enchère sera plus élevé. Pourquoi? Parce qu’il y a plus d’argent disponible pour la même quantité de biens et services.

C’est un peu le même principe, mais beaucoup plus complexe et répété des millions de fois qui se produit en ce moment un peu partout dans le monde. Toutefois, la situation est encore pire dans la vraie vie, car non seulement la quantité d’argent en circulation a drastiquement augmentée, mais la quantité des biens et services à diminuée au même moment en raison des fermetures et des problèmes dans les chaînes d’approvisionnements. Ajoutez à cela les plus récentes sanctions entourant la guerre en Ukraine touchant deux pays producteurs de biens essentiels et à la base même de la pyramide économique et vous réalisez rapidement dans quel pétrin nos dirigeants nous ont embourbés.

Ce n’est qu’un début.

Selon toute vraisemblance, l’inflation ne partira pas avant un bon moment. Les produits de bases sont touchés durement : Pétrole, blé, engrais, laits, machinerie, etc. Les secteurs que je qualifierais de fondations de notre économie moderne sont gravement atteints. Cela veut dire plusieurs choses. Premièrement, il y aura un effet rebond sur les biens secondaires et transformés. Si le pétrole augmente, le coût du transport et de production pour tout augmente, si le blé augmente, la majorité des aliments et des céréales augmentent, si le prix des engrais augmente, l’ensemble des aliments augmentent aussi, si la machinerie se fait plus rare, les projets immobiliers coûteront plus cher, les projets publics coûteront plus cher.

Deuxièmement, ce seront les plus pauvres qui seront touchés en premier, mais la classe moyenne va aussi être frappée. Imaginez être une mère monoparentale ayant un revenu de 35 000$ par année. Si les prix augmentent partout, il deviendra de plus en plus difficile pour elle de vivre convenablement, mais aussi pour son ou ses enfants de le faire. On risque donc de voir des jeunes décrocher plus rapidement pour apporter un revenu supplémentaire, des niveaux d’anxiété chez ces jeunes et évidemment l’apparition de l’insécurité alimentaire. Des coûts astronomiques pour la société et bien sûr une situation d’une tristesse évidente.

Prenez ensuite une famille de la classe moyenne, si les prix augmentent trop rapidement, ils seront éjectés de la classe moyenne et deviendront une famille à faible revenu. Une perte énorme pour l’économie locale, une perte fiscale importante pour le gouvernement et bien entendu des risques d’endettement, de faillite, de divorce, de suicide, de médication, etc.

En fait, l’inflation n’est payante pour personne sauf pour les entreprises privées dans certains domaines, les gouvernements puisque leur dette perd de sa valeur relative et les personnes riches au point de ne pas se soucier de leur argent. En revanche, pour vous et moi, c’est une catastrophe.

La pauvreté n’est pas bonne pour la santé.

S’il y a bien quelque chose d’ironique dans tout ça, c’est qu’un des facteurs déterminants pour la santé des gens est leur santé financière. Plus une personne est pauvre, moins son espérance de vie est longue. Plus une personne à des problèmes financiers, plus l’anxiété et les problèmes de santé mentale sont omniprésents. La santé financière est importante, car l’argent est une question de survie, il touche à nos instincts de préservation les plus puissants, car une personne manquant d’argent comprend rapidement qu’elle vit dans une précarité alimentaire, une précarité de son logement, mais aussi, se retrouve exclue de plusieurs activités de la société permettant la socialisation.

En voulant sauver tout le monde et en jouant au Bon Dieu, nos dirigeants ont donc probablement créé un monstre qu’ils sont incapables de maitriser. Une histoire vieille comme le monde d’un gouvernement administrant un remède pire que le mal, justifiant ainsi une autre série d’intervention de sa part pour accaparer plus de pouvoirs.

Sources :

https://mynbc15.com/news/local/study-from-johns-hopkins-univ-finds-lockdowns-had-little-to-no-effect-on-covid-mortality

https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2766367

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Par Samuel Lamarche

Fondateur

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La santé avant l’économie qu’ils disaient

Dernière modification le 14 March 2022 à 09h57
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Vous l’avez sûrement entendu aussi souvent que moi, les mesures étaient en place pour sauver des vies. Les opposants aux mesures brutales étaient alors particulièrement inquiets des effets sur l’économie (entre autres choses) et se voyaient répondre que la santé et les vies passaient avant l’économie.

Deux ans plus tard, les études et les chiffres révèlent que les mesures ont eu un impact minime sur le nombre de morts. L’Ontario est dans un grand débat de chiffre sur le nombre réel de décès liés à la covid et certaines études tendent à démontrer que nous avons incroyablement sous-estimé la propagation du virus, même aux débuts et que dans les faits, nous avons tenté d’éteindre un feu de forêt avec un fusil à eau.

Or, si les effets pandémiques sont discutables (ce qui est déjà assez grave considérant la gravité des mesures), les effets sur l’économie sont excessivement visibles et assez brutaux. Les pénuries sont devenues la norme, les délais d’attente s’allongent et surtout l’inflation est forte. Cette satanée inflation que les États croyaient avoir vaincue est désormais de retour dans nos vies et croyez-moi, ce n’est pas une bonne nouvelle.

C’est quoi l’inflation?

Je sais que j’ai plusieurs amateurs d’économie dans nos abonnés, mais pour les débutants et curieux je vais tenter de faire une explication de ce phénomène très intéressant et vicieux.

L’inflation est un terme économique voulant dire que la monnaie perd de la valeur relativement aux biens et services que vous désirez acheter avec cette monnaie. Plus simplement plus d’inflation, c’est moins de pouvoir d’achat. Il vous coûte plus cher d’acheter les mêmes biens et services au fil du temps en raison de l’inflation.

Qu’est-ce qui cause l’inflation? Plusieurs choses, mais selon la théorie la plus acceptée mondialement (la théorie quantitative de la monnaie) est que l’inflation provient principalement d’une hausse de la monnaie en circulation pour une quantité de biens et services demeurant stables.

Pour simplifier, disons que deux personnes sont assises à une table. Sur cette table se trouve un deux litres de vodka. Les deux personnes possèdent respectivement 10$ et 9$. Disons que les deux personnes veulent le 2L de manière égale, le prix de la bouteille se situera à 10$ (le prix maximal possible lors d’une enchère).

Maintenant sur la table voisine, deux étudiants ayant la chance d’avoir des parents fortunés sont aussi dans le même dilemme, mais ils ont respectivement 100$ et 99$. Pour la même bouteille, la même quantité, le prix d’acquisition en enchère sera plus élevé. Pourquoi? Parce qu’il y a plus d’argent disponible pour la même quantité de biens et services.

C’est un peu le même principe, mais beaucoup plus complexe et répété des millions de fois qui se produit en ce moment un peu partout dans le monde. Toutefois, la situation est encore pire dans la vraie vie, car non seulement la quantité d’argent en circulation a drastiquement augmentée, mais la quantité des biens et services à diminuée au même moment en raison des fermetures et des problèmes dans les chaînes d’approvisionnements. Ajoutez à cela les plus récentes sanctions entourant la guerre en Ukraine touchant deux pays producteurs de biens essentiels et à la base même de la pyramide économique et vous réalisez rapidement dans quel pétrin nos dirigeants nous ont embourbés.

Ce n’est qu’un début.

Selon toute vraisemblance, l’inflation ne partira pas avant un bon moment. Les produits de bases sont touchés durement : Pétrole, blé, engrais, laits, machinerie, etc. Les secteurs que je qualifierais de fondations de notre économie moderne sont gravement atteints. Cela veut dire plusieurs choses. Premièrement, il y aura un effet rebond sur les biens secondaires et transformés. Si le pétrole augmente, le coût du transport et de production pour tout augmente, si le blé augmente, la majorité des aliments et des céréales augmentent, si le prix des engrais augmente, l’ensemble des aliments augmentent aussi, si la machinerie se fait plus rare, les projets immobiliers coûteront plus cher, les projets publics coûteront plus cher.

Deuxièmement, ce seront les plus pauvres qui seront touchés en premier, mais la classe moyenne va aussi être frappée. Imaginez être une mère monoparentale ayant un revenu de 35 000$ par année. Si les prix augmentent partout, il deviendra de plus en plus difficile pour elle de vivre convenablement, mais aussi pour son ou ses enfants de le faire. On risque donc de voir des jeunes décrocher plus rapidement pour apporter un revenu supplémentaire, des niveaux d’anxiété chez ces jeunes et évidemment l’apparition de l’insécurité alimentaire. Des coûts astronomiques pour la société et bien sûr une situation d’une tristesse évidente.

Prenez ensuite une famille de la classe moyenne, si les prix augmentent trop rapidement, ils seront éjectés de la classe moyenne et deviendront une famille à faible revenu. Une perte énorme pour l’économie locale, une perte fiscale importante pour le gouvernement et bien entendu des risques d’endettement, de faillite, de divorce, de suicide, de médication, etc.

En fait, l’inflation n’est payante pour personne sauf pour les entreprises privées dans certains domaines, les gouvernements puisque leur dette perd de sa valeur relative et les personnes riches au point de ne pas se soucier de leur argent. En revanche, pour vous et moi, c’est une catastrophe.

La pauvreté n’est pas bonne pour la santé.

S’il y a bien quelque chose d’ironique dans tout ça, c’est qu’un des facteurs déterminants pour la santé des gens est leur santé financière. Plus une personne est pauvre, moins son espérance de vie est longue. Plus une personne à des problèmes financiers, plus l’anxiété et les problèmes de santé mentale sont omniprésents. La santé financière est importante, car l’argent est une question de survie, il touche à nos instincts de préservation les plus puissants, car une personne manquant d’argent comprend rapidement qu’elle vit dans une précarité alimentaire, une précarité de son logement, mais aussi, se retrouve exclue de plusieurs activités de la société permettant la socialisation.

En voulant sauver tout le monde et en jouant au Bon Dieu, nos dirigeants ont donc probablement créé un monstre qu’ils sont incapables de maitriser. Une histoire vieille comme le monde d’un gouvernement administrant un remède pire que le mal, justifiant ainsi une autre série d’intervention de sa part pour accaparer plus de pouvoirs.

Sources :

https://mynbc15.com/news/local/study-from-johns-hopkins-univ-finds-lockdowns-had-little-to-no-effect-on-covid-mortality

https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2766367

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