La Direction, vers une autre économie

Dernière modification le 11 January 2021 à 07h00

Récemment, une initiative pour la promotion des coopératives (COOP), des organismes à but non lucratif (OBNL) et des artisans, a été lancée par un collectif nommé La Direction.

Tel qu’indiqué sur la page Facebook, le groupe se spécialise dans la création d’entrevues permettant d’avoir un aperçu global des entreprises d'économie sociale du Québec. » Le collectif, avec une vision dynamique de l’entreprenariat solidaire, veut faire rayonner ceux qui, par leurs actions concrètes, contribuent à améliorer leur communauté ainsi que leurs impacts sociaux et environnementaux. Le principal axe d’intervention est la réalisation d’entrevues avec des entreprises d’économie sociale afin de discuter des différentes visions de l’économie et pour les faire connaître à la communauté. De plus, la prise de photos commerciales, la présentation de courtes vidéos publicitaires et un service promotionnel sur les réseaux sociaux seront mis de l’avant.
L’un des fondateurs, Olivier Lamanque Galarneau, explique le but de l’initiative : « Nous voulons démontrer qu'une autre direction est possible en terme économique. Oui, nous pouvons gérer une entreprise sans patron et oui, nous pouvons vivre de la gestion coopérative d'entreprise. Il faut aussi mettre en place une éducation populaire pour prouver qu'une autre économie existe. » Nos systèmes actuels offrent le suffrage universel pour l’élection de représentants au pouvoir législatif, mais le pouvoir économique est laissé entre les mains d’une oligarchie où les travailleuses et travailleurs n’ont pas leur mot à dire. Peut-on vraiment parler de démocratie lorsque l’une des plus importantes parties de l’activité des citoyens est le travail et qu’il n’y a aucun mécanisme démocratique dans les usines, les bureaux et les commerces?
Les coopératives offrent la possibilité que chacun participe à la prise de décision et surtout, que les profits reviennent à ceux qui les ont générés. Les entreprises d’économie sociale visent aussi à combler un besoin pour la communauté plutôt que d’avoir l’objectif principal d'accroître leur profit, comme la plupart des grandes entreprises. En effet, les présidents des grandes firmes américaines ont eux-mêmes affirmé dans un sondage « […] qu’il serait impossible de vendre un nouveau produit sans campagne publicitaire, que la publicité persuade fréquemment les gens d’acheter des choses dont ils n’ont pas besoin […] et qu’ils ne désirent pas vraiment ». Ce consumérisme du système capitaliste mène à la surconsommation de biens et de ressources qui va bien au-delà des capacités planétaires.
Nous nous dirigeons à la fois vers un pic pétrolier, un pic de plusieurs minerais (cuivre, cobalt) et une crise climatique qui affectera tous les secteurs de la société humaine. Les théories économiques actuelles évacuent complètement les lois physiques de leurs théories et sont incapables de prendre en compte les limites et les frontières imposées par la science. La loi de l’économiste Hotelling, qui considère l’augmentation des prix en fonction de la raréfaction, est complètement faussée par le marché de la spéculation, particulièrement dans le cas des ressources énergétiques. Ainsi, sans changement de modèle ou sans intervention politique, le système économique actuel est incapable de surmonter les grands défis à venir.
Olivier Lamanque Galarneau souligne que lorsque l’entreprise est contrôlée par les travailleurs, il y a une responsabilisation envers son milieu de vie et une prise de conscience de l’impact de ses activités sur l’environnement. L’humain a intérêt à ne pas détruire son environnement et sa collectivité, mais lorsque ce sont des multinationales, l'ancrage dans la collectivité est nul, puis les externalités ne sont pas prises en compte. Ainsi, réorienter le but de la production de capital vers le bien commun permet de prendre en compte les limites et les frontières planétaires. L’équipe de La Direction, également composé d’Emilie Poirier et de Pierre-Philippe Leduc, ajoute : « Voyant notre économie aller aux mains d’un nombre restreint de grands propriétaires, nous avons la ferme intention d’aller de l’avant avec un projet d’information, de publicité et d’éducation populaire au sujet d’une économie démocratique. Instaurer la république dans l’atelier pour reprendre les mots de Charles Gide. La Direction n’est pas seulement un collectif, mais nous avons la volonté de s’inscrire dans un mouvement de réappropriation économique et démocratique de la part des Québécois et des Québécoises. »
La Direction prend donc le mandat d’appuyer les COOP, OBNL et artisans qui, eux, contrairement aux grandes compagnies, ne menacent pas de délocalisation, redistribuent les richesses, internalisent les externalités et ne font pas d’évasion fiscale dans les paradis fiscaux. Une autre façon de faire, pour une réappropriation des communs et une démocratisation de l’économie. Une économie au service des gens, et non des gens au service du capital.
Suivez-les sur les réseaux sociaux :
Facebook: https://www.facebook.com/ladirection01
Youtube : https://www.youtube.com/channel/UCTn4ukOfRdKTAD8z11LgeBg
LinkedIn: https://www.linkedin.com/company/ladirection01/?viewAsMember=true
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Par Félix L'Heureux Bilodeau

Lecteur

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Récemment, une initiative pour la promotion des coopératives (COOP), des organismes à but non lucratif (OBNL) et des artisans, a été lancée par un collectif nommé La Direction.

Tel qu’indiqué sur la page Facebook, le groupe se spécialise dans la création d’entrevues permettant d’avoir un aperçu global des entreprises d'économie sociale du Québec. » Le collectif, avec une vision dynamique de l’entreprenariat solidaire, veut faire rayonner ceux qui, par leurs actions concrètes, contribuent à améliorer leur communauté ainsi que leurs impacts sociaux et environnementaux. Le principal axe d’intervention est la réalisation d’entrevues avec des entreprises d’économie sociale afin de discuter des différentes visions de l’économie et pour les faire connaître à la communauté. De plus, la prise de photos commerciales, la présentation de courtes vidéos publicitaires et un service promotionnel sur les réseaux sociaux seront mis de l’avant.
L’un des fondateurs, Olivier Lamanque Galarneau, explique le but de l’initiative : « Nous voulons démontrer qu'une autre direction est possible en terme économique. Oui, nous pouvons gérer une entreprise sans patron et oui, nous pouvons vivre de la gestion coopérative d'entreprise. Il faut aussi mettre en place une éducation populaire pour prouver qu'une autre économie existe. » Nos systèmes actuels offrent le suffrage universel pour l’élection de représentants au pouvoir législatif, mais le pouvoir économique est laissé entre les mains d’une oligarchie où les travailleuses et travailleurs n’ont pas leur mot à dire. Peut-on vraiment parler de démocratie lorsque l’une des plus importantes parties de l’activité des citoyens est le travail et qu’il n’y a aucun mécanisme démocratique dans les usines, les bureaux et les commerces?
Les coopératives offrent la possibilité que chacun participe à la prise de décision et surtout, que les profits reviennent à ceux qui les ont générés. Les entreprises d’économie sociale visent aussi à combler un besoin pour la communauté plutôt que d’avoir l’objectif principal d'accroître leur profit, comme la plupart des grandes entreprises. En effet, les présidents des grandes firmes américaines ont eux-mêmes affirmé dans un sondage « […] qu’il serait impossible de vendre un nouveau produit sans campagne publicitaire, que la publicité persuade fréquemment les gens d’acheter des choses dont ils n’ont pas besoin […] et qu’ils ne désirent pas vraiment ». Ce consumérisme du système capitaliste mène à la surconsommation de biens et de ressources qui va bien au-delà des capacités planétaires.
Nous nous dirigeons à la fois vers un pic pétrolier, un pic de plusieurs minerais (cuivre, cobalt) et une crise climatique qui affectera tous les secteurs de la société humaine. Les théories économiques actuelles évacuent complètement les lois physiques de leurs théories et sont incapables de prendre en compte les limites et les frontières imposées par la science. La loi de l’économiste Hotelling, qui considère l’augmentation des prix en fonction de la raréfaction, est complètement faussée par le marché de la spéculation, particulièrement dans le cas des ressources énergétiques. Ainsi, sans changement de modèle ou sans intervention politique, le système économique actuel est incapable de surmonter les grands défis à venir.
Olivier Lamanque Galarneau souligne que lorsque l’entreprise est contrôlée par les travailleurs, il y a une responsabilisation envers son milieu de vie et une prise de conscience de l’impact de ses activités sur l’environnement. L’humain a intérêt à ne pas détruire son environnement et sa collectivité, mais lorsque ce sont des multinationales, l'ancrage dans la collectivité est nul, puis les externalités ne sont pas prises en compte. Ainsi, réorienter le but de la production de capital vers le bien commun permet de prendre en compte les limites et les frontières planétaires. L’équipe de La Direction, également composé d’Emilie Poirier et de Pierre-Philippe Leduc, ajoute : « Voyant notre économie aller aux mains d’un nombre restreint de grands propriétaires, nous avons la ferme intention d’aller de l’avant avec un projet d’information, de publicité et d’éducation populaire au sujet d’une économie démocratique. Instaurer la république dans l’atelier pour reprendre les mots de Charles Gide. La Direction n’est pas seulement un collectif, mais nous avons la volonté de s’inscrire dans un mouvement de réappropriation économique et démocratique de la part des Québécois et des Québécoises. »
La Direction prend donc le mandat d’appuyer les COOP, OBNL et artisans qui, eux, contrairement aux grandes compagnies, ne menacent pas de délocalisation, redistribuent les richesses, internalisent les externalités et ne font pas d’évasion fiscale dans les paradis fiscaux. Une autre façon de faire, pour une réappropriation des communs et une démocratisation de l’économie. Une économie au service des gens, et non des gens au service du capital.
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