L’envol national

Dernière modification le 4 April 2021 à 01h57

L’avenir des Québécois requiert un nationalisme assumé et décomplexé, sans quoi sa culture, sa langue et ses mœurs s’écrouleront face au multiculturalisme canadien et au wokisme américain dorénavant omniprésents.

À tous les égards, alors que la Coalition Avenir Québec se définit comme un parti autonomiste à la défense des besoins des Québécois, son ballon nationaliste dégonfle continuellement depuis la dernière élection provinciale. Il est néanmoins difficile de totalement reprocher à la Coalition Avenir Québec son apathie nationaliste: rejetons plutôt la faute sur le système qu’elle soutient.

En 2018, la Coalition Avenir Québec promettait un nationalisme québécois assumé, mais, à l’heure qu’il est, elle reporte incessamment la réforme de la loi 101, elle finance à coup de millions l’agrandissement de Dawson et McGill, elle accuse un retard dans le virage vers l’autosuffisance alimentaire, elle échoue dans son projet du Panier bleu…

C’est pourtant le strict minimum du nationalisme, nous sommes encore bien loin du nationalisme assumé et décomplexé présenté lors de la dernière campagne électorale.

En effet, un nationalisme assumé préconise notamment la baisse des seuils d’immigration, remet en question la monarchie au Québec et dénonce la contestation du gouvernement canadien de la loi 21. Hélas, on ne retrouve rien de tout cela chez la CAQ.

Il serait néanmoins malhonnête de prétendre que la Coalition Avenir Québec n’a aucune ferveur nationaliste : elle est paralysée par le système fédéraliste. Lorsqu’elle a adopté la loi sur la laïcité de l’état, aussitôt le gouvernement canadien mentionnait une possible ingérence du fédéral pour contester cette loi.

Lorsque la Coalition Avenir Québec parle de loi 101, elle doit marcher sur des œufs pour ne pas froisser l’élite anglophone canadienne, qui contesterait, de nouveau, une loi adoptée par le gouvernement québécois élu démocratiquement. Tel est le sort de la CAQ si elle ose le moindrement s’assumer. Les Québécois sont désavantagés par le système de justice canadien, qu’ils n’ont jamais reconnu et qui, conséquemment, n’a jamais été le leur. La CAQ doit donc se plier à chacune des exigences de cette élite, à défaut de quoi, chacun de ses projets de loi est révoqué ou modifié par les tribunaux.

Lorsqu’elle parle d’éducation, elle doit composer avec deux systèmes, dont l’un anglophone n’hésitant pas à faire pression contre le gouvernement du Québec pour revendiquer des droits illégitimes, au détriment du second système, le système francophone.

Ne nous méprenons pas, les Québécois sont une minorité au sein du Canada : la culture dominante est celle du multiculturalisme canadien. Nous ne luttons pas à armes égales et c’est pourquoi nous devons utiliser tous nos leviers si nous voulons maintenir notre nation, notre culture, notre langue.

Dans la perspective nationaliste, un statut francophone doit être attribué aux cégeps et aux universités et le français doit être la langue d’enseignement. Au lieu des programmes bilingues qui prolifèrent aujourd’hui, les établissements d’enseignement postsecondaire anglophones seraient exclusifs aux Anglo-Québécois. Ce faisant, le financement serait proportionnel au poids démographique qu’ils représentent.

Lorsque le Gouvernement du Québec souhaite rapatrier des pouvoirs, tels que l’administration de l’impôt unique, lorsqu’il souhaite avoir les fonds qui lui sont dédiés, tel que ceux en santé, et lorsqu’il réclame une juste part pour la Davie, le Québec reçoit l’accord de tous les partis lorsqu’ils sont dans l’opposition, puis voit cet accord se faire révoquer dès qu’ils prennent le pouvoir.

Pourtant, c’est au Québec qu’incombe la responsabilité de collecter les impôts. Au-delà de cette demande d’autonomie légitime, le déséquilibre fiscal en faveur du gouvernement canadien demeure bien réel : on envoie notre argent à Ottawa, qui le dépense inéquitablement sans se soucier des besoins des Québécois.

Lorsque la CAQ s’affirme, les élites canadiennes n’hésitent pas à mettre en doute la légitimité du gouvernement du Québec et à lui nuire. Le Québec bashing est hélas la réponse des Canadiens aux aspirations des Québécois. Les Canadiens se prétendent tolérants, mais méprisent tout Québécois qui n’aspire pas au même pays. Tant et aussi longtemps que le Québec restera dans le Canada, il demeurera une minorité sans droits et restera sur son quant-à-soi.

Le nationalisme du Parti Québécois, a contrario, est conséquent: abolition de la monarchie, discussion sur les seuils d’immigration, contre l’agrandissement de Dawson et de McGill, réforme impérative de la loi 101... Les faits le prouvent, la CAQ abdique sur chacun de ces points. Le nationalisme de François Legault est ornemental, car il est encalminé par un système fédéral à l’encontre de ses aspirations, alors que celui de Paul St-Pierre Plamondon se traduit par des propositions et des mesures concrètes, passant inévitablement par l’indépendance.

Tout réel nationaliste constate donc l’échec de l’autonomisme en cette matière. Le projet d’indépendance nationale est la finalité réelle et urgente devant les insultes racistes lancées impunément par Amir Attaran et devant le pouvoir judiciaire de nomination fédérale qui dicte à l’Assemblée nationale ses choix. Les Québécois n’ont pas à se voir le monde comme les Canadiens voudraient qu’ils soient ou à évaluer la justesse de leurs lois en fonction des critères moraux empruntés aux Canadiens ou au « wokisme » américain.

Pour les nationalistes assumés, qui aspirent à l’indépendance sans se laisser intimider par les Attaran canadiens, le PQ est le meilleur choix politique.

J’aspire à vivre parmi des Québécois fiers de constituer un pays francophone en Amérique du Nord.

Il ne reste plus qu’à prendre notre envol.

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Par Raphaël Guérard

Étudiant en économie

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L’envol national

Dernière modification le 4 April 2021 à 01h57

L’avenir des Québécois requiert un nationalisme assumé et décomplexé, sans quoi sa culture, sa langue et ses mœurs s’écrouleront face au multiculturalisme canadien et au wokisme américain dorénavant omniprésents.

À tous les égards, alors que la Coalition Avenir Québec se définit comme un parti autonomiste à la défense des besoins des Québécois, son ballon nationaliste dégonfle continuellement depuis la dernière élection provinciale. Il est néanmoins difficile de totalement reprocher à la Coalition Avenir Québec son apathie nationaliste: rejetons plutôt la faute sur le système qu’elle soutient.

En 2018, la Coalition Avenir Québec promettait un nationalisme québécois assumé, mais, à l’heure qu’il est, elle reporte incessamment la réforme de la loi 101, elle finance à coup de millions l’agrandissement de Dawson et McGill, elle accuse un retard dans le virage vers l’autosuffisance alimentaire, elle échoue dans son projet du Panier bleu…

C’est pourtant le strict minimum du nationalisme, nous sommes encore bien loin du nationalisme assumé et décomplexé présenté lors de la dernière campagne électorale.

En effet, un nationalisme assumé préconise notamment la baisse des seuils d’immigration, remet en question la monarchie au Québec et dénonce la contestation du gouvernement canadien de la loi 21. Hélas, on ne retrouve rien de tout cela chez la CAQ.

Il serait néanmoins malhonnête de prétendre que la Coalition Avenir Québec n’a aucune ferveur nationaliste : elle est paralysée par le système fédéraliste. Lorsqu’elle a adopté la loi sur la laïcité de l’état, aussitôt le gouvernement canadien mentionnait une possible ingérence du fédéral pour contester cette loi.

Lorsque la Coalition Avenir Québec parle de loi 101, elle doit marcher sur des œufs pour ne pas froisser l’élite anglophone canadienne, qui contesterait, de nouveau, une loi adoptée par le gouvernement québécois élu démocratiquement. Tel est le sort de la CAQ si elle ose le moindrement s’assumer. Les Québécois sont désavantagés par le système de justice canadien, qu’ils n’ont jamais reconnu et qui, conséquemment, n’a jamais été le leur. La CAQ doit donc se plier à chacune des exigences de cette élite, à défaut de quoi, chacun de ses projets de loi est révoqué ou modifié par les tribunaux.

Lorsqu’elle parle d’éducation, elle doit composer avec deux systèmes, dont l’un anglophone n’hésitant pas à faire pression contre le gouvernement du Québec pour revendiquer des droits illégitimes, au détriment du second système, le système francophone.

Ne nous méprenons pas, les Québécois sont une minorité au sein du Canada : la culture dominante est celle du multiculturalisme canadien. Nous ne luttons pas à armes égales et c’est pourquoi nous devons utiliser tous nos leviers si nous voulons maintenir notre nation, notre culture, notre langue.

Dans la perspective nationaliste, un statut francophone doit être attribué aux cégeps et aux universités et le français doit être la langue d’enseignement. Au lieu des programmes bilingues qui prolifèrent aujourd’hui, les établissements d’enseignement postsecondaire anglophones seraient exclusifs aux Anglo-Québécois. Ce faisant, le financement serait proportionnel au poids démographique qu’ils représentent.

Lorsque le Gouvernement du Québec souhaite rapatrier des pouvoirs, tels que l’administration de l’impôt unique, lorsqu’il souhaite avoir les fonds qui lui sont dédiés, tel que ceux en santé, et lorsqu’il réclame une juste part pour la Davie, le Québec reçoit l’accord de tous les partis lorsqu’ils sont dans l’opposition, puis voit cet accord se faire révoquer dès qu’ils prennent le pouvoir.

Pourtant, c’est au Québec qu’incombe la responsabilité de collecter les impôts. Au-delà de cette demande d’autonomie légitime, le déséquilibre fiscal en faveur du gouvernement canadien demeure bien réel : on envoie notre argent à Ottawa, qui le dépense inéquitablement sans se soucier des besoins des Québécois.

Lorsque la CAQ s’affirme, les élites canadiennes n’hésitent pas à mettre en doute la légitimité du gouvernement du Québec et à lui nuire. Le Québec bashing est hélas la réponse des Canadiens aux aspirations des Québécois. Les Canadiens se prétendent tolérants, mais méprisent tout Québécois qui n’aspire pas au même pays. Tant et aussi longtemps que le Québec restera dans le Canada, il demeurera une minorité sans droits et restera sur son quant-à-soi.

Le nationalisme du Parti Québécois, a contrario, est conséquent: abolition de la monarchie, discussion sur les seuils d’immigration, contre l’agrandissement de Dawson et de McGill, réforme impérative de la loi 101... Les faits le prouvent, la CAQ abdique sur chacun de ces points. Le nationalisme de François Legault est ornemental, car il est encalminé par un système fédéral à l’encontre de ses aspirations, alors que celui de Paul St-Pierre Plamondon se traduit par des propositions et des mesures concrètes, passant inévitablement par l’indépendance.

Tout réel nationaliste constate donc l’échec de l’autonomisme en cette matière. Le projet d’indépendance nationale est la finalité réelle et urgente devant les insultes racistes lancées impunément par Amir Attaran et devant le pouvoir judiciaire de nomination fédérale qui dicte à l’Assemblée nationale ses choix. Les Québécois n’ont pas à se voir le monde comme les Canadiens voudraient qu’ils soient ou à évaluer la justesse de leurs lois en fonction des critères moraux empruntés aux Canadiens ou au « wokisme » américain.

Pour les nationalistes assumés, qui aspirent à l’indépendance sans se laisser intimider par les Attaran canadiens, le PQ est le meilleur choix politique.

J’aspire à vivre parmi des Québécois fiers de constituer un pays francophone en Amérique du Nord.

Il ne reste plus qu’à prendre notre envol.

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Étudiant en économie

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