Lettre ouverte | L'importance de la jeunesse en politique municipale

Dernière modification le 2 November 2021 à 12h20

Un constat s’impose depuis un moment déjà, les jeunes citoyennes et citoyens ne semblent pas entretenir une relation étroite et empreinte de compréhension mutuelle avec le « monde » de la politique, ainsi qu’avec les structures fondamentales de la démocratie participative. Mais pourquoi? Où sont donc ces jeunes? Que font-ils? Ont-ils déserté cette sphère pourtant si importante de la société qu’est l’implication citoyenne? Et si oui, pourquoi?

Dans cette lettre, nous nous adressons à ces jeunes citoyennes et citoyens qui formeront la relève, demain, de nos banlieues, mais également aux moins jeunes qui doivent leur laisser la place et les ressources nécessaires à la réalisation de leurs ambitions afin de concrétiser leurs revendications qui sont, trop souvent, oubliées.

Si vous avez entre 15 et 34 ans et que vous ne réalisez pas l’ampleur des conséquences engendrées par la quasi-absence des jeunes en politique et dans les organisations locales et municipales destinées à nous offrir une plateforme et des moyens, posez-vous les questions suivantes : Avez-vous déjà eu l'impression que votre âge et vos loisirs étaient suffisants pour faire de vous le problème, le «trouble maker», de votre rue de bungalow? Avez-vous l'impression que rien dans votre ville n'a été bâti pour vous? Qu'aucune infrastructure de loisir ou de transport ne semblaient adaptée à vos besoins? Que la ville qui vous entourait semblait avoir été construite pour quelqu'un d'autre? Que vous aviez été oublié?

Permettez-nous de nous expliquer.

La place des jeunes Depuis un bon moment, nous nous intéressons à un enjeu bien précis relatif à la place des jeunes en société, ainsi qu’en politique, qu’est celui du partage de pouvoirs, de la collaboration et de l’empowerment de la jeunesse dans leurs municipalités, donc, dans leur milieu de vie respectif.

Alors que dans les années 1960 et 1970, la jeunesse investissait massivement les partis politiques, elle les laisse davantage de côté aujourd’hui. Toutefois, il ne faudrait surtout pas confondre cet état de fait avec une apathie ou un désintérêt pour la chose publique. Au contraire, les jeunes sont s’impliquent pour des enjeux précis, proposent des idées novatrices, dérangeantes et ces jeunes qui transformeront le Québec, nos villes en ont besoins !
Parmi les avantages de cette jeunesse, il faut compter une force de frappe populaire extraordinaire, comme la manifestation sur l’environnement de septembre 2019. Pour frapper l’imaginaire et forcer la classe politique à se positionner, les jeunes regorgent de talent.

Cependant, le bât blesse inévitablement au niveau du suivi et de la concrétisation des revendications jeunesse en politiques. Car ultimement, à la table des décisions, les jeunes sont sous-représentés.
Saviez-vous que les jeunes de 15 à 34 forment près de 25% de la population au Québec? Pourtant, lors des élections municipales de 2017 les 18-34 ans ne représentaient que 8% des élus municipaux et l’âge médian des conseillers municipaux était de 54,7 ans.

Cette absence est l’élément-clé du cercle vicieux du cynisme : non-représentés, les jeunes trouvent que la classe politique ne les écoute pas et, par conséquent, s’engagent encore moins. La sous-représentation des jeunes affaiblit donc la démocratie dans son ensemble.

Mais de plus, c’est une perspective intéressante sur un grand nombre d’enjeux dont notre société se prive. Car les jeunes ont des choses à dire, particulièrement à l’échelon municipal – et les enjeux jeunesses se posent dans les banlieues plus qu’ailleurs.

Ces derniers seront les principaux concernés par les résultats et les conséquences des décisions prises aujourd’hui. Par exemple, en mobilité, alors que les jeunes sont les principaux usagers d’un système de transport collectif perfectible, coûteux, qui n’est pas toujours cohérent et qui ne répond plus à une demande croissante en plus d’avoir besoin d’être bonifié.

Ils seront également victimes des conséquences de la pénurie de logements locatifs, de la négligence environnementale, du manque d’offre culturelle et sportive, de la spéculation immobilière excessive, et de biens d’autres enjeux. Ne devrions-nous pas mettre en place des mécanismes pour intéresser les jeunes à ces débats qui les toucheront directement afin de leur donner la place qui leur revient à la table des décisions ?

Une place qui nous revient.

Selon un manuel réalisé par le Conseil d’éducation, jeunesse, culture et sports sur la participation politique des jeunes à la vie démocratique, 70% des jeunes estiment ne pas être compris, alors qu’ils représentent actuellement une part bien plus importante de la population et de l’électorat. Le manque de transparence, d’écoute et d’explication serait la cause de ce « désengagement ». Plusieurs soulèvent également le manque de politiques ou de mesure s’adressant à cette frange de la population comme une des causes de leur désengagement. Comme quoi les jeunes devraient s’intéresser à la politique pour que la politique s’intéresse à eux…

Toutefois, il importe de modifier nos façons de faire. Les comités consultatifs jeunesse mis en place dans certaines villes, les organisations jeunesses et la tentative d’établir des dialogues sont un pas dans la bonne direction, mais un très petit pas. Il faut faire preuve d’audace, aller plus loin. La voix des jeunes ne porte toujours pas assez. Modifions nos façons de faire, « Plutôt que de reprocher aux jeunes de bouder certaines de nos institutions démocratiques, le temps est peut-être venu de repenser notre conception de la citoyenneté et de revoir nos institutions, afin qu’elles reflètent mieux cette société en mutation. » (La Révolution Z : comment les jeunes transformeront le Québec, 2019). Le prix de ne pas les écouter est trop lourd.

Il est grand temps que la place des jeunes soit prise et que leur voix soit entendue, car cette voix, croyez-nous, contribuera grandement au façonnement d’un monde meilleur, de villes à l’image des futures générations et de politiques nouvelles et garantes d’espoir permettant à plusieurs de voir le monde de la politique d’un œil nouveau. Le 7 novembre, les citoyennes et citoyens seront appelés à voter pour les élections municipales. Encourageons les jeunes à voter pour des partis rassembleurs, des partis qui les écoutent et qui présentent des candidat.e.s et des idées qui les représentent.

Texte par :

Tommy Vallée, candidat aux élections municipales à Laval (24 ans)
Cosignataires : Marc-Olivier Neveu, candidat à la mairie de Saint-Jérôme (21 ans)
Lysa Bélaïcha, candidate aux élections municipales à Longueuil (22 ans)

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Par Tommy Vallée

Candidat pour le Parti Laval

Par Lysa Bélaïcha

Candidate pour Longueuil

Par Marc-Olivier Neveu

Candidat à la mairie de St-Jérôme

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Lettre ouverte | L'importance de la jeunesse en politique municipale

Dernière modification le 2 November 2021 à 12h20

Un constat s’impose depuis un moment déjà, les jeunes citoyennes et citoyens ne semblent pas entretenir une relation étroite et empreinte de compréhension mutuelle avec le « monde » de la politique, ainsi qu’avec les structures fondamentales de la démocratie participative. Mais pourquoi? Où sont donc ces jeunes? Que font-ils? Ont-ils déserté cette sphère pourtant si importante de la société qu’est l’implication citoyenne? Et si oui, pourquoi?

Dans cette lettre, nous nous adressons à ces jeunes citoyennes et citoyens qui formeront la relève, demain, de nos banlieues, mais également aux moins jeunes qui doivent leur laisser la place et les ressources nécessaires à la réalisation de leurs ambitions afin de concrétiser leurs revendications qui sont, trop souvent, oubliées.

Si vous avez entre 15 et 34 ans et que vous ne réalisez pas l’ampleur des conséquences engendrées par la quasi-absence des jeunes en politique et dans les organisations locales et municipales destinées à nous offrir une plateforme et des moyens, posez-vous les questions suivantes : Avez-vous déjà eu l'impression que votre âge et vos loisirs étaient suffisants pour faire de vous le problème, le «trouble maker», de votre rue de bungalow? Avez-vous l'impression que rien dans votre ville n'a été bâti pour vous? Qu'aucune infrastructure de loisir ou de transport ne semblaient adaptée à vos besoins? Que la ville qui vous entourait semblait avoir été construite pour quelqu'un d'autre? Que vous aviez été oublié?

Permettez-nous de nous expliquer.

La place des jeunes Depuis un bon moment, nous nous intéressons à un enjeu bien précis relatif à la place des jeunes en société, ainsi qu’en politique, qu’est celui du partage de pouvoirs, de la collaboration et de l’empowerment de la jeunesse dans leurs municipalités, donc, dans leur milieu de vie respectif.

Alors que dans les années 1960 et 1970, la jeunesse investissait massivement les partis politiques, elle les laisse davantage de côté aujourd’hui. Toutefois, il ne faudrait surtout pas confondre cet état de fait avec une apathie ou un désintérêt pour la chose publique. Au contraire, les jeunes sont s’impliquent pour des enjeux précis, proposent des idées novatrices, dérangeantes et ces jeunes qui transformeront le Québec, nos villes en ont besoins !
Parmi les avantages de cette jeunesse, il faut compter une force de frappe populaire extraordinaire, comme la manifestation sur l’environnement de septembre 2019. Pour frapper l’imaginaire et forcer la classe politique à se positionner, les jeunes regorgent de talent.

Cependant, le bât blesse inévitablement au niveau du suivi et de la concrétisation des revendications jeunesse en politiques. Car ultimement, à la table des décisions, les jeunes sont sous-représentés.
Saviez-vous que les jeunes de 15 à 34 forment près de 25% de la population au Québec? Pourtant, lors des élections municipales de 2017 les 18-34 ans ne représentaient que 8% des élus municipaux et l’âge médian des conseillers municipaux était de 54,7 ans.

Cette absence est l’élément-clé du cercle vicieux du cynisme : non-représentés, les jeunes trouvent que la classe politique ne les écoute pas et, par conséquent, s’engagent encore moins. La sous-représentation des jeunes affaiblit donc la démocratie dans son ensemble.

Mais de plus, c’est une perspective intéressante sur un grand nombre d’enjeux dont notre société se prive. Car les jeunes ont des choses à dire, particulièrement à l’échelon municipal – et les enjeux jeunesses se posent dans les banlieues plus qu’ailleurs.

Ces derniers seront les principaux concernés par les résultats et les conséquences des décisions prises aujourd’hui. Par exemple, en mobilité, alors que les jeunes sont les principaux usagers d’un système de transport collectif perfectible, coûteux, qui n’est pas toujours cohérent et qui ne répond plus à une demande croissante en plus d’avoir besoin d’être bonifié.

Ils seront également victimes des conséquences de la pénurie de logements locatifs, de la négligence environnementale, du manque d’offre culturelle et sportive, de la spéculation immobilière excessive, et de biens d’autres enjeux. Ne devrions-nous pas mettre en place des mécanismes pour intéresser les jeunes à ces débats qui les toucheront directement afin de leur donner la place qui leur revient à la table des décisions ?

Une place qui nous revient.

Selon un manuel réalisé par le Conseil d’éducation, jeunesse, culture et sports sur la participation politique des jeunes à la vie démocratique, 70% des jeunes estiment ne pas être compris, alors qu’ils représentent actuellement une part bien plus importante de la population et de l’électorat. Le manque de transparence, d’écoute et d’explication serait la cause de ce « désengagement ». Plusieurs soulèvent également le manque de politiques ou de mesure s’adressant à cette frange de la population comme une des causes de leur désengagement. Comme quoi les jeunes devraient s’intéresser à la politique pour que la politique s’intéresse à eux…

Toutefois, il importe de modifier nos façons de faire. Les comités consultatifs jeunesse mis en place dans certaines villes, les organisations jeunesses et la tentative d’établir des dialogues sont un pas dans la bonne direction, mais un très petit pas. Il faut faire preuve d’audace, aller plus loin. La voix des jeunes ne porte toujours pas assez. Modifions nos façons de faire, « Plutôt que de reprocher aux jeunes de bouder certaines de nos institutions démocratiques, le temps est peut-être venu de repenser notre conception de la citoyenneté et de revoir nos institutions, afin qu’elles reflètent mieux cette société en mutation. » (La Révolution Z : comment les jeunes transformeront le Québec, 2019). Le prix de ne pas les écouter est trop lourd.

Il est grand temps que la place des jeunes soit prise et que leur voix soit entendue, car cette voix, croyez-nous, contribuera grandement au façonnement d’un monde meilleur, de villes à l’image des futures générations et de politiques nouvelles et garantes d’espoir permettant à plusieurs de voir le monde de la politique d’un œil nouveau. Le 7 novembre, les citoyennes et citoyens seront appelés à voter pour les élections municipales. Encourageons les jeunes à voter pour des partis rassembleurs, des partis qui les écoutent et qui présentent des candidat.e.s et des idées qui les représentent.

Texte par :

Tommy Vallée, candidat aux élections municipales à Laval (24 ans)
Cosignataires : Marc-Olivier Neveu, candidat à la mairie de Saint-Jérôme (21 ans)
Lysa Bélaïcha, candidate aux élections municipales à Longueuil (22 ans)

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Par Tommy Vallée

Candidat pour le Parti Laval

Par Lysa Bélaïcha

Candidate pour Longueuil

Par Marc-Olivier Neveu

Candidat à la mairie de St-Jérôme

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