Le CELI comme compte d’urgence?

Dernière modification le 10 April 2022 à 06h24
Courrier du lecteur Photo by Fire Horse Leo on Foter.com / CC BY-SA

Lors de ma courte carrière en service financier, j’ai souvent entendu des conseillers qui encourageaient l’utilisation du CELI comme fond d’urgence. Est-ce que ça tient la route? Et surtout est-ce la manière optimale d’utilisation de ce compte?

Le CELI, c’est quoi et ça marche comment?

Le compte d’épargne libre d’impôt (CELI) a été créé en 2009 par le gouvernement fédéral. Le but, c’est de stimuler l’investissement chez les particuliers en évitant la double imposition. L’argent cotisé n’est pas déductible d’impôt, mais les gains réalisés dans le CELI ne sont pas imposables, même lors du décaissement. Voici en quelques points les avantages et désavantages du CELI :

Les avantages
• Le CELI est non imposable (sauf exception)
• Les droits de cotisations se cumulent d’année en année
• Suivant un décaissement, les droits de cotisations se regagnent l’année suivante

Les désavantages
• La cotisation n’est pas déductible d’impôt
• Il y a un plafond de cotisation
• Il y a de lourdes pénalités sur les cotisations dépassant la limite

À quoi porter attention pour éviter les surprises avec le CELI?

• Le plafond de cotisation : dépasser le plafond de cotisation peut entrainer des pénalités sévères. Le mieux pour éviter cette situation c’est de suivre de bien comprendre les mécanismes, le montant auquel on a droit au total et, si nécessaire de tenir un registre des cotisations et retraits effectués dans le compte. En cas de doute, vous pouvez consulter l’Agence de revenu du Canada (ARC) et vos relevés de transaction de votre institution financière.

• Les placements admissibles et non admissibles : il y a effectivement une liste de placements qui ne peuvent être mis à l’intérieur du CELI, sans quoi de fortes pénalités seront appliquées. Étant donné que ce sont des cas particuliers, référez-vous à la liste des placements admissibles selon l’ARC, si ce dans quoi vous souhaitez investir y est, alors tout est bon!

• La spéculation sur séance et la vente d’options : les gains réalisés lors de transactions, si considérés comme étant des revenus « d’entreprise », sont sujets à être imposés. Évidemment, pour cela plusieurs facteurs sont pris en compte, comme l’intensité du trading, la période de détention des actifs financiers, l’utilisation de marge pour investir, etc. Si vous pensez que cela peut s’appliquer à votre cas, une petite vérification risque de vous éviter des surprises.

Finalement le CELI on devrait l’utiliser pour quoi?

D’entrée de jeu, l’utilisation du CELI pour y mettre son fond d’urgence n’est pas une très bonne idée. Premièrement, parce que ça peut devenir compliqué de suivre le compte si on effectue des cotisations et des retraits en grand nombre. Cela augmente le risque d’erreur et de dépassement du plafond permis. Deuxièmement, ça met à mal la possibilité de prendre du risque, d’avoir un rendement intéressant sur le long terme et de maximiser les intérêts composés. En d’autres termes, si on ne laisse pas l’argent pour une longue période, il est périlleux de l’investir dans des placements qui fluctuent beaucoup et ne maximise pas l’effet boule de neige des intérêts et des gains.

À contrario, le CELI est le compte d’investissement par excellence et un moyen de court-circuiter l’impôt à long terme. Oui, l’argent qu’on y met est net, donc un impôt a été prélevé. Cependant, en investissant l’argent sur une longue période, dans des placements à niveau de risque « élevé » et s’assurant de cotiser la contribution maximale d’année en année, il est possible de cumuler des sommes importantes à l’abri de l’impôt. En ayant une bonne discipline et beaucoup de patience, il est tout à fait possible d’avoir un CELI excédant un million de dollars! Imaginez tirer un revenu et de décaisser cet argent sans que Revenu Québec ou l’ARC ne puisse y prélever quoi que ce soit!

Cela va sans dire, l’épargne dans un CELI peut servir à n’importe quoi. Que ce soit l’achat d’une maison, la retraite ou tout autre projet. Mais pour optimiser son potentiel, le mieux c’est de maximiser sa cotisation année après année, y placer des actifs susceptibles d’avoir un bon retour sur investissement et de continuer. C’est le meilleur moyen de bâtir un capital et d’avoir, d’ici plusieurs années, une source de revenus passive libre d’impôt.

« Éviter de payer des impôts est la seule recherche intellectuelle gratifiante »

  • John Maynard Keynes -.

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Lors de ma courte carrière en service financier, j’ai souvent entendu des conseillers qui encourageaient l’utilisation du CELI comme fond d’urgence. Est-ce que ça tient la route? Et surtout est-ce la manière optimale d’utilisation de ce compte?

Le CELI, c’est quoi et ça marche comment?

Le compte d’épargne libre d’impôt (CELI) a été créé en 2009 par le gouvernement fédéral. Le but, c’est de stimuler l’investissement chez les particuliers en évitant la double imposition. L’argent cotisé n’est pas déductible d’impôt, mais les gains réalisés dans le CELI ne sont pas imposables, même lors du décaissement. Voici en quelques points les avantages et désavantages du CELI :

Les avantages
• Le CELI est non imposable (sauf exception)
• Les droits de cotisations se cumulent d’année en année
• Suivant un décaissement, les droits de cotisations se regagnent l’année suivante

Les désavantages
• La cotisation n’est pas déductible d’impôt
• Il y a un plafond de cotisation
• Il y a de lourdes pénalités sur les cotisations dépassant la limite

À quoi porter attention pour éviter les surprises avec le CELI?

• Le plafond de cotisation : dépasser le plafond de cotisation peut entrainer des pénalités sévères. Le mieux pour éviter cette situation c’est de suivre de bien comprendre les mécanismes, le montant auquel on a droit au total et, si nécessaire de tenir un registre des cotisations et retraits effectués dans le compte. En cas de doute, vous pouvez consulter l’Agence de revenu du Canada (ARC) et vos relevés de transaction de votre institution financière.

• Les placements admissibles et non admissibles : il y a effectivement une liste de placements qui ne peuvent être mis à l’intérieur du CELI, sans quoi de fortes pénalités seront appliquées. Étant donné que ce sont des cas particuliers, référez-vous à la liste des placements admissibles selon l’ARC, si ce dans quoi vous souhaitez investir y est, alors tout est bon!

• La spéculation sur séance et la vente d’options : les gains réalisés lors de transactions, si considérés comme étant des revenus « d’entreprise », sont sujets à être imposés. Évidemment, pour cela plusieurs facteurs sont pris en compte, comme l’intensité du trading, la période de détention des actifs financiers, l’utilisation de marge pour investir, etc. Si vous pensez que cela peut s’appliquer à votre cas, une petite vérification risque de vous éviter des surprises.

Finalement le CELI on devrait l’utiliser pour quoi?

D’entrée de jeu, l’utilisation du CELI pour y mettre son fond d’urgence n’est pas une très bonne idée. Premièrement, parce que ça peut devenir compliqué de suivre le compte si on effectue des cotisations et des retraits en grand nombre. Cela augmente le risque d’erreur et de dépassement du plafond permis. Deuxièmement, ça met à mal la possibilité de prendre du risque, d’avoir un rendement intéressant sur le long terme et de maximiser les intérêts composés. En d’autres termes, si on ne laisse pas l’argent pour une longue période, il est périlleux de l’investir dans des placements qui fluctuent beaucoup et ne maximise pas l’effet boule de neige des intérêts et des gains.

À contrario, le CELI est le compte d’investissement par excellence et un moyen de court-circuiter l’impôt à long terme. Oui, l’argent qu’on y met est net, donc un impôt a été prélevé. Cependant, en investissant l’argent sur une longue période, dans des placements à niveau de risque « élevé » et s’assurant de cotiser la contribution maximale d’année en année, il est possible de cumuler des sommes importantes à l’abri de l’impôt. En ayant une bonne discipline et beaucoup de patience, il est tout à fait possible d’avoir un CELI excédant un million de dollars! Imaginez tirer un revenu et de décaisser cet argent sans que Revenu Québec ou l’ARC ne puisse y prélever quoi que ce soit!

Cela va sans dire, l’épargne dans un CELI peut servir à n’importe quoi. Que ce soit l’achat d’une maison, la retraite ou tout autre projet. Mais pour optimiser son potentiel, le mieux c’est de maximiser sa cotisation année après année, y placer des actifs susceptibles d’avoir un bon retour sur investissement et de continuer. C’est le meilleur moyen de bâtir un capital et d’avoir, d’ici plusieurs années, une source de revenus passive libre d’impôt.

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  • John Maynard Keynes -.

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