Les PME et la crise

Dernière modification le 11 April 2020 à 12h00
Photo Jérémie Juneau

Il est rare de voir l’économie mondiale sur pause et encore plus un pays. Pourtant, depuis 2 semaines, c’est notre nouvelle réalité. Quelles sont les conséquences de ces évènements? Plus précisément, comment les PME s’en sortent-elles?

Depuis près de 2 semaines, les PME, la majorité des entreprises sont en arrêt. Des mesures d’urgence ont dû être déployées pour les sauver. Rappelons-nous qu’au Québec, c’est 80% des emplois qui proviennent des PME et 90% des entreprises qui sont des PME. Non seulement nous risquons gros, mais c’est toute notre économie qui risque de s’écrouler. En quoi est-ce grave? L’économie n’est pas une fin, mais un outil et dans le cas où notre outil est faible, nos moyens d’investissements le seront aussi.
Pour les PME sur pause, l’outil est fortement nécessaire, mais après m’être penché sur toutes les mesures d’aide fédérale, j’ai constaté quelque chose de troublant. Aucune mesure n’est officielle ni écrite. Elles changent quotidiennement et prennent énormément de temps pour arriver dans les mains de l’utilisateur. On parlait de subvention à 10%, maintenant 75%. On a ajouté le critère de déficit de 30%, mais encore, il faut lire les nouvelles pour le savoir. Où je veux en venir, c’est qu’actuellement, les propriétaires de PME vivent un stress sans précédent, sans avoir d’aide direct et simple. Un propriétaire ne possède pas nécessairement des qualifications comptables, il ne possède pas non plus nécessairement un langage économique soutenu. Pour avoir accès à cette aide, il doit faire affaire avec un intermédiaire, qui lui coutera cher. Cependant, même avec l’intermédiaire, les programmes ne sont même pas encore prêts. Depuis 3 semaines dont on en parle, depuis 3 semaines que l’on tourne en rond. L’impact économique des fermetures de PME pourrait être catastrophique sur l’économie québécoise.
La BDC a fait parvenir des programmes d’aide spéciaux quant aux prêts pour les PME. Ils ont même prêté à des commerces dans la restauration. Le problème? Le même qu’au Québec. Les systèmes informatiques, les serveurs, sont désuets. Par le passé, nous avons négligé l’investissement dans ces secteurs, et aujourd’hui nous payons le prix fort. Le site de la BDC ne fonctionnait pas la majorité du temps (dans les premières semaines), les lignes téléphoniques ne peuvent pas soutenir un grand volume d’appel. En bref, nous ne nous sommes jamais préparés à une situation d’urgence. Dans un contexte de mondialisation, on aurait dû s’y préparer.
La mondialisation nous force-t-elle à nous adapter à des cas d’urgence nationale, voire mondiale? Oui. Dans un contexte d’échange international constant, le risque de propagation d’un virus est non seulement accru, mais aussi un terrain de contagion parfait pour celui-ci. Les pays en développement, se faisant plus souvent exploités qu’aider par l’occident, n’ont pas l’expertise ni les connaissances nécessaires pour immédiatement cibler un nouveau virus. Je sais, en ce moment c’est la Chine, mais il est possible que le prochain virus apparaisse de n’importe où. Ce manque d’expertise peut facilement permettre à ce virus de se propager mondialement à l’insu du monde. Le plus triste, c’est que nous avons les institutions mondiales pour contrer ce phénomène, mais celle-ci dépendent de la Chine et des États-Unis pour la majeure partie de leur financement. La Chine ET les États-Unis ont menés une joute politique avec l’OMS, ce qui a gravement impacté le reste du monde.
L’ensemble me fait réfléchir et j’arrive à cette conclusion; le gouvernement manque énormément de flexibilité, il n’est pas capable, pour le moment, de répondre adéquatement aux problèmes des PME et il doit améliorer ses systèmes informatiques afin de donner un service adéquat. Cependant, quelques petits commentaires positifs; LES GOUVERNEMENTS PROVINCIAUX RÉUSSISSENT. J’ai toujours été pour une décentralisation fédérale et une augmentation des moyens provinciale. Partout dans le monde, les gouvernements fédéraux ont échoué les uns après les autres, seuls les gouvernements provinciaux et certains états aux États-Unis, ont réussi à mettre des mesures adéquates. La crise actuelle nous amènera probablement à une décentralisation fédérale et une centralisation des moyens provinciale prochainement!

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Il est rare de voir l’économie mondiale sur pause et encore plus un pays. Pourtant, depuis 2 semaines, c’est notre nouvelle réalité. Quelles sont les conséquences de ces évènements? Plus précisément, comment les PME s’en sortent-elles?

Depuis près de 2 semaines, les PME, la majorité des entreprises sont en arrêt. Des mesures d’urgence ont dû être déployées pour les sauver. Rappelons-nous qu’au Québec, c’est 80% des emplois qui proviennent des PME et 90% des entreprises qui sont des PME. Non seulement nous risquons gros, mais c’est toute notre économie qui risque de s’écrouler. En quoi est-ce grave? L’économie n’est pas une fin, mais un outil et dans le cas où notre outil est faible, nos moyens d’investissements le seront aussi.
Pour les PME sur pause, l’outil est fortement nécessaire, mais après m’être penché sur toutes les mesures d’aide fédérale, j’ai constaté quelque chose de troublant. Aucune mesure n’est officielle ni écrite. Elles changent quotidiennement et prennent énormément de temps pour arriver dans les mains de l’utilisateur. On parlait de subvention à 10%, maintenant 75%. On a ajouté le critère de déficit de 30%, mais encore, il faut lire les nouvelles pour le savoir. Où je veux en venir, c’est qu’actuellement, les propriétaires de PME vivent un stress sans précédent, sans avoir d’aide direct et simple. Un propriétaire ne possède pas nécessairement des qualifications comptables, il ne possède pas non plus nécessairement un langage économique soutenu. Pour avoir accès à cette aide, il doit faire affaire avec un intermédiaire, qui lui coutera cher. Cependant, même avec l’intermédiaire, les programmes ne sont même pas encore prêts. Depuis 3 semaines dont on en parle, depuis 3 semaines que l’on tourne en rond. L’impact économique des fermetures de PME pourrait être catastrophique sur l’économie québécoise.
La BDC a fait parvenir des programmes d’aide spéciaux quant aux prêts pour les PME. Ils ont même prêté à des commerces dans la restauration. Le problème? Le même qu’au Québec. Les systèmes informatiques, les serveurs, sont désuets. Par le passé, nous avons négligé l’investissement dans ces secteurs, et aujourd’hui nous payons le prix fort. Le site de la BDC ne fonctionnait pas la majorité du temps (dans les premières semaines), les lignes téléphoniques ne peuvent pas soutenir un grand volume d’appel. En bref, nous ne nous sommes jamais préparés à une situation d’urgence. Dans un contexte de mondialisation, on aurait dû s’y préparer.
La mondialisation nous force-t-elle à nous adapter à des cas d’urgence nationale, voire mondiale? Oui. Dans un contexte d’échange international constant, le risque de propagation d’un virus est non seulement accru, mais aussi un terrain de contagion parfait pour celui-ci. Les pays en développement, se faisant plus souvent exploités qu’aider par l’occident, n’ont pas l’expertise ni les connaissances nécessaires pour immédiatement cibler un nouveau virus. Je sais, en ce moment c’est la Chine, mais il est possible que le prochain virus apparaisse de n’importe où. Ce manque d’expertise peut facilement permettre à ce virus de se propager mondialement à l’insu du monde. Le plus triste, c’est que nous avons les institutions mondiales pour contrer ce phénomène, mais celle-ci dépendent de la Chine et des États-Unis pour la majeure partie de leur financement. La Chine ET les États-Unis ont menés une joute politique avec l’OMS, ce qui a gravement impacté le reste du monde.
L’ensemble me fait réfléchir et j’arrive à cette conclusion; le gouvernement manque énormément de flexibilité, il n’est pas capable, pour le moment, de répondre adéquatement aux problèmes des PME et il doit améliorer ses systèmes informatiques afin de donner un service adéquat. Cependant, quelques petits commentaires positifs; LES GOUVERNEMENTS PROVINCIAUX RÉUSSISSENT. J’ai toujours été pour une décentralisation fédérale et une augmentation des moyens provinciale. Partout dans le monde, les gouvernements fédéraux ont échoué les uns après les autres, seuls les gouvernements provinciaux et certains états aux États-Unis, ont réussi à mettre des mesures adéquates. La crise actuelle nous amènera probablement à une décentralisation fédérale et une centralisation des moyens provinciale prochainement!

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