L'énergie trouve toujours son chemin

Dernière modification le 25 March 2021 à 08h33
Photo Jeremy

Il y a près d’un an, à la suite des manifestations sur les voies ferrées partout au Canada, le légendaire investisseur Warren Buffet président de la firme Berkshire Hathaway retirait son intention d’injecter près de 15 milliards dans le méga projet de gazoduc et d’usine de liquéfaction de gaz naturel GNL Québec. Plusieurs politiciens, activistes, journalistes et commentateurs se gargarisaient de cette nouvelle et criaient victoire. Selon eux, ce projet est « dépassé » et « d’une autre époque » le retrait du grand Buffet en était la preuve.

La réalité était tout autre. Il est de plus en plus difficile de réaliser de nouveaux grands projets énergétiques au Québec et au Canada. Il semble que ce risque politique ait été jugé trop grand par la firme Berkshire Hathaway. Cependant, l’histoire ne s’arrête pas là.

En juillet 2020, nul autre que Buffet lui-même partageait dans les médias américains sa nouvelle acquisition: Dominion Gas. Une entreprise de distribution de gaz naturel aux États-Unis étant d’ailleurs actionnaire de la seule usine de liquéfaction de gaz naturel sur la côte-est américaine. Grâce à cette transaction totalisant plus de 10 milliards de dollars, Berkshire Hathaway se positionnait comme un joueur majeur du gaz naturel liquéfié en Amérique du Nord.

Ce genre de projet titanesque est gage de prospérité et de retombées économiques majeures pour une société. Ultimement, ce sont 10 milliards de dollars qui seront dépensés aux États-Unis plutôt qu’au Québec.
Ailleurs, la Russie et la Chine terminaient en 2019 un des plus grands gazoducs au monde, long de 8100 km en Sibérie. Dans une autre direction, la Russie et l’Allemagne sont à compléter le 2e tronçon d’un gazoduc dans la mer Baltique reliant les 2 pays. Il est raisonnable de douter que ces projets soient supérieurs aux nôtres, en termes de respect et d’impacts environnementaux. Ils furent réalisés malgré tout.

Plus au sud, la croissance démographique en Afrique de l’Ouest induit une pression majeure sur la demande en combustible. N’ayant pas d’autres options, les familles se rabattent sur la biomasse forestière ou les résidus biologiques pour combler leurs besoins fondamentaux de chauffage et de cuisson. Ces sources sont polluantes et nocives pour les humains, en plus de contribuer à la déforestation et à l’augmentation des émissions de gaz à effet de serre. L’accès à du gaz naturel liquéfié provenant des marchés internationaux retransformé dans les grands ports d’Afrique de l’Ouest pourrait augmenter grandement le niveau de vie des Africains.

Pour des raisons similaires de difficultés d’accès aux ressources énergétiques, le marché du gaz naturel liquéfié est aussi en ébullition à travers les îles d’Asie du Sud-Est. Ce gaz aura aussi l’avantage de diminuer la consommation de charbon dans la région et d'augmenter l’intégration des énergies renouvelables intermittentes comme l’éolien et le solaire.

Alors que nous subissons un barrage médiatique de politiciens, d’activistes, de journalistes et de commentateurs qui nous répètent que GNL Québec est un projet « dépassé », l’industrie se mobilise pour répondre à la demande à travers le monde. D’ailleurs, la multinationale, et leader de l’industrie, Shell prévoit que la demande de gaz naturel liquéfié doublera au cours des 20 prochaines années.
Pourquoi devrions-nous être les seuls au monde à ne pas participer à cette nouvelle aventure? Alors que nous avons tout pour réaliser un projet épousant les plus hauts standards. Quel signal politique devrions-nous envoyer au monde extérieur lorsqu’il est question de mettre la main à la pâte pour réaliser de grands projets énergétiques gages de prospérité ici et ailleurs?

Voilà une question importante et d’actualité pour la société québécoise, jadis grande bâtisseuse. Car, peu importe ce que nous déciderons, l’énergie trouve toujours son chemin.

Pour en apprendre plus.

https://quebecnouvelles.info/un-important-investisseur-se-retire-de-gnl-en-raison-des-barrages-ferroviaires-et-de-linaction-du-gouvernement/
https://www.cnbc.com/2020/07/05/warren-buffetts-berkshire-buys-dominion-energy-natural-gas-assets-in-10-billion-deal.html
https://www.cnn.com/2019/12/03/asia/china-russia-gas-pipeline-intl-hnk/index.html
https://maritime-executive.com/article/nord-stream-2-pipelay-operations-resume
https://en.wikipedia.org/wiki/EnergyinNigeria#cite_note-bodo2011-10
https://oilprice.com/Energy/Natural-Gas/Shell-Sees-LNG-Demand-Nearly-Doubling-By-2040.html

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Dernière modification le 25 March 2021 à 08h33
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Il y a près d’un an, à la suite des manifestations sur les voies ferrées partout au Canada, le légendaire investisseur Warren Buffet président de la firme Berkshire Hathaway retirait son intention d’injecter près de 15 milliards dans le méga projet de gazoduc et d’usine de liquéfaction de gaz naturel GNL Québec. Plusieurs politiciens, activistes, journalistes et commentateurs se gargarisaient de cette nouvelle et criaient victoire. Selon eux, ce projet est « dépassé » et « d’une autre époque » le retrait du grand Buffet en était la preuve.

La réalité était tout autre. Il est de plus en plus difficile de réaliser de nouveaux grands projets énergétiques au Québec et au Canada. Il semble que ce risque politique ait été jugé trop grand par la firme Berkshire Hathaway. Cependant, l’histoire ne s’arrête pas là.

En juillet 2020, nul autre que Buffet lui-même partageait dans les médias américains sa nouvelle acquisition: Dominion Gas. Une entreprise de distribution de gaz naturel aux États-Unis étant d’ailleurs actionnaire de la seule usine de liquéfaction de gaz naturel sur la côte-est américaine. Grâce à cette transaction totalisant plus de 10 milliards de dollars, Berkshire Hathaway se positionnait comme un joueur majeur du gaz naturel liquéfié en Amérique du Nord.

Ce genre de projet titanesque est gage de prospérité et de retombées économiques majeures pour une société. Ultimement, ce sont 10 milliards de dollars qui seront dépensés aux États-Unis plutôt qu’au Québec.
Ailleurs, la Russie et la Chine terminaient en 2019 un des plus grands gazoducs au monde, long de 8100 km en Sibérie. Dans une autre direction, la Russie et l’Allemagne sont à compléter le 2e tronçon d’un gazoduc dans la mer Baltique reliant les 2 pays. Il est raisonnable de douter que ces projets soient supérieurs aux nôtres, en termes de respect et d’impacts environnementaux. Ils furent réalisés malgré tout.

Plus au sud, la croissance démographique en Afrique de l’Ouest induit une pression majeure sur la demande en combustible. N’ayant pas d’autres options, les familles se rabattent sur la biomasse forestière ou les résidus biologiques pour combler leurs besoins fondamentaux de chauffage et de cuisson. Ces sources sont polluantes et nocives pour les humains, en plus de contribuer à la déforestation et à l’augmentation des émissions de gaz à effet de serre. L’accès à du gaz naturel liquéfié provenant des marchés internationaux retransformé dans les grands ports d’Afrique de l’Ouest pourrait augmenter grandement le niveau de vie des Africains.

Pour des raisons similaires de difficultés d’accès aux ressources énergétiques, le marché du gaz naturel liquéfié est aussi en ébullition à travers les îles d’Asie du Sud-Est. Ce gaz aura aussi l’avantage de diminuer la consommation de charbon dans la région et d'augmenter l’intégration des énergies renouvelables intermittentes comme l’éolien et le solaire.

Alors que nous subissons un barrage médiatique de politiciens, d’activistes, de journalistes et de commentateurs qui nous répètent que GNL Québec est un projet « dépassé », l’industrie se mobilise pour répondre à la demande à travers le monde. D’ailleurs, la multinationale, et leader de l’industrie, Shell prévoit que la demande de gaz naturel liquéfié doublera au cours des 20 prochaines années.
Pourquoi devrions-nous être les seuls au monde à ne pas participer à cette nouvelle aventure? Alors que nous avons tout pour réaliser un projet épousant les plus hauts standards. Quel signal politique devrions-nous envoyer au monde extérieur lorsqu’il est question de mettre la main à la pâte pour réaliser de grands projets énergétiques gages de prospérité ici et ailleurs?

Voilà une question importante et d’actualité pour la société québécoise, jadis grande bâtisseuse. Car, peu importe ce que nous déciderons, l’énergie trouve toujours son chemin.

Pour en apprendre plus.

https://quebecnouvelles.info/un-important-investisseur-se-retire-de-gnl-en-raison-des-barrages-ferroviaires-et-de-linaction-du-gouvernement/
https://www.cnbc.com/2020/07/05/warren-buffetts-berkshire-buys-dominion-energy-natural-gas-assets-in-10-billion-deal.html
https://www.cnn.com/2019/12/03/asia/china-russia-gas-pipeline-intl-hnk/index.html
https://maritime-executive.com/article/nord-stream-2-pipelay-operations-resume
https://en.wikipedia.org/wiki/EnergyinNigeria#cite_note-bodo2011-10
https://oilprice.com/Energy/Natural-Gas/Shell-Sees-LNG-Demand-Nearly-Doubling-By-2040.html

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