GNL Québec : Un projet énergétique pragmatique

Dernière modification le 15 May 2020 à 04h11
Photo Jeremy

**Le Québec n’a pas besoin de gaz naturel. Notre électricité fiable, renouvelable, sans GES et bon marché est la meilleure option pour chauffer nos bâtiments, chauffer nos serres, activer nos usines et, progressivement, mouvoir nos véhicules. **

D’ailleurs, ne nous surprenons pas si le gouvernement actuel planche sur un programme de conversion des systèmes de chauffage au gaz de nos institutions vers des systèmes plus performants à l’électricité. Ces derniers sont plus efficaces énergétiquement, durables et totalement alimentés par nos ressources.
Comment est-ce possible alors qu’un projet de gazoduc sur notre territoire1 soit une excellente idée pour dynamiser notre économie après la pandémie COVID-19?
Tout d’abord, parce que ce gaz n’est pas destiné au Québec, mais majoritairement à l’exportation. Grâce à une usine de liquéfaction installée au Saguenay, il est possible de stocker sur des navires, des quantités importantes de gaz naturel liquide. D’ailleurs, ce procédé de transformation requiert beaucoup d’électricité, quoi de mieux que des ouvrages hydroélectriques à proximité fournissants une énergie propre, fiable et renouvelable pour l’alimenter?
Cependant, ce projet devient moins intéressant si le gaz est brûlé pour le chauffage, ailleurs dans le monde. La bonne nouvelle est que la majorité du combustible pourra être utilisée à bon escient, c’est-à-dire pour produire de l’électricité.
Ce n’est malheureusement pas tous les pays qui ont la chance d’avoir sur leur territoire des rivières aussi puissantes que les nôtres. Ils doivent donc se tourner vers d’autres options s’ils veulent diminuer leurs émissions de gaz à effet de serre et produire une électricité propre et durable.
Malgré tout ce que les activistes vous diront, il n’est pas possible pour la quasi-totalité des nations de s’alimenter uniquement grâce aux nouvelles énergies renouvelables2. La raison est simple, ces sources ne sont pas fiables. À chaque fois que l’on installe une éolienne, on doit installer une autre source d’énergie fiable à proximité afin de fournir l’électricité lorsque le vent ne souffle pas.
Malgré des investissements massifs, l’éolien et le solaire fournissaient uniquement 4 et 2 % de toute l’électricité consommée en 20173.
L’Allemagne lançait en 2010 le projet pharaonique “Energiewende”4, l’objectif était la décarbonisation de leur production électrique en investissant massivement dans le solaire et l’éolien. Dix ans plus tard, le constat est catastrophique. Les émissions sont demeurées inchangées, des centrales au charbon ont dû rouvrir et les coûts d’électricité ont explosés. D’ici 2025, l’Allemagne aura investi plus de 500 milliards de dollars dans cette aventure et impossible de voir la fin du charbon à l’horizon.
En 2017, le pays ayant le plus réduit ses émissions de GES était nul autre que les États-Unis d’Amérique de Donald Trump5. Évidemment, ses politiques ne sont pas à l’origine de cette diminution marquée. Cependant, une symbiose énergétique s’y installe depuis plusieurs années. Celle entre le gaz naturel, l’éolien et le solaire. Les nouvelles centrales au gaz à cycles combinées permettent une production efficiente et flexible. Grossièrement, elles peuvent remplacer les centrales au charbon en fournissant une production stable grâce à leurs turbines à vapeur et combler les manques inévitables des énergies renouvelables grâce à leurs turbines à gaz6.
Plusieurs pays émergent d’Afrique et d’Asie auront des choix à faire dans les prochaines années. Utiliseront-ils du charbon provenant de Chine ou d’ailleurs ou utiliseront-ils un mixte de gaz naturel et d’énergie renouvelables? La deuxième option permet d’assurer la stabilité de leur réseau électrique, garantie une qualité de l’air enviable et minimise leurs émissions de GES.
Pour ce faire, les ressources doivent être à leur disposition. Il est relativement facile de produire et transporter du charbon. Des mines en font l’extraction et des trains et bateaux acheminent le minerai pratiquement brut aux clients. Ce n’est pas aussi simple pour le gaz naturel, sans accès direct à un puits.
C’est ici qu’entre en jeu le projet qui nous intéresse. Un gazoduc fournissant une usine de liquéfaction au Saguenay donnerait un accès rapide à la mer pouvant ainsi fournir ces pays émergent, surtout sur la côte ouest africaine et dans l’Asie du sud-est.
Le marché européen pourra aussi bénéficier de ce gaz naturel outre-Atlantique. Actuellement, le vieux continent est fortement dépendant du gaz provenant de Russie et du Moyen-Orient. Un producteur occidentale stable, au Canada, pourrait venir pallier les incertitudes géopolitiques de ces fournisseurs.
Autre avantage compétitif de GNL Québec, il n’y a qu’un seul autre terminal de liquéfaction de gaz naturel7 sur la côte-est de l’Amérique du Nord. Ce dernier est situé dans le Maryland aux États-Unis. L’emplacement de l’usine au Saguenay est donc stratégique pour les producteurs de gaz du Canada et du Midwest et du Nord-Est des États-Unis.
La réalité est souvent plus complexe que les messages des lobbyistes et des activistes. Dans un monde parfait, les économies du monde seraient totalement décarbonisées, malheureusement, cela n’est pas possible sans diminuer grandement notre niveau de vie où empêcher les pays émergents de le rejoindre. La meilleure voie est celle du juste nécessaire, des projets qui minimisent la pollution et les émissions de GES, tout en garantissant aux citoyens un accès à de l’énergie bon marché, une des pierres angulaires de l’épanouissement de toute nation.
GNL Québec est le plus grand projet privé de tous les temps, il pourra jouer un rôle majeur dans la relance de l’économie de la province et contribuer à la transition énergétique de plusieurs pays émergents.
Redevenons les grands constructeurs énergétiques que nous étions!

  1. https://energiesaguenay.com/fr/le-projet/description-du-projet/
  2. https://www.forbes.com/sites/michaelshellenberger/2019/05/06/the-reason-renewables-cant-power-modern-civilization-is-because-they-were-never-meant-to/#b036e56ea2b9
  3. https://www.iea.org/data-and-statistics?country=WORLD&fuel=Energy%20supply&indicator=Coal%20production%20by%20type
  4. https://www.spiegel.de/consent-a-?targetUrl=https%3A%2F%2Fwww.spiegel.de%2Finternational%2Fgermany%2Fgerman-failure-on-the-road-to-a-renewable-future-a-1266586.html
  5. https://www.forbes.com/sites/rrapier/2017/10/24/yes-the-u-s-leads-all-countries-in-reducing-carbon-emissions/#7023c50c3535
  6. https://www.youtube.com/watch?v=eeiu-wcyEbs
  7. https://en.wikipedia.org/wiki/Dominion_Cove_Point_LNG

Partager l'article

Abonnement à l'infolettre

Pour ne rien manquer de la part de notre équipe de la rédaction. Inscrivez-vous à notre infolettre.

GNL Québec : Un projet énergétique pragmatique

Dernière modification le 15 May 2020 à 04h11
Photo Jeremy

**Le Québec n’a pas besoin de gaz naturel. Notre électricité fiable, renouvelable, sans GES et bon marché est la meilleure option pour chauffer nos bâtiments, chauffer nos serres, activer nos usines et, progressivement, mouvoir nos véhicules. **

D’ailleurs, ne nous surprenons pas si le gouvernement actuel planche sur un programme de conversion des systèmes de chauffage au gaz de nos institutions vers des systèmes plus performants à l’électricité. Ces derniers sont plus efficaces énergétiquement, durables et totalement alimentés par nos ressources.
Comment est-ce possible alors qu’un projet de gazoduc sur notre territoire1 soit une excellente idée pour dynamiser notre économie après la pandémie COVID-19?
Tout d’abord, parce que ce gaz n’est pas destiné au Québec, mais majoritairement à l’exportation. Grâce à une usine de liquéfaction installée au Saguenay, il est possible de stocker sur des navires, des quantités importantes de gaz naturel liquide. D’ailleurs, ce procédé de transformation requiert beaucoup d’électricité, quoi de mieux que des ouvrages hydroélectriques à proximité fournissants une énergie propre, fiable et renouvelable pour l’alimenter?
Cependant, ce projet devient moins intéressant si le gaz est brûlé pour le chauffage, ailleurs dans le monde. La bonne nouvelle est que la majorité du combustible pourra être utilisée à bon escient, c’est-à-dire pour produire de l’électricité.
Ce n’est malheureusement pas tous les pays qui ont la chance d’avoir sur leur territoire des rivières aussi puissantes que les nôtres. Ils doivent donc se tourner vers d’autres options s’ils veulent diminuer leurs émissions de gaz à effet de serre et produire une électricité propre et durable.
Malgré tout ce que les activistes vous diront, il n’est pas possible pour la quasi-totalité des nations de s’alimenter uniquement grâce aux nouvelles énergies renouvelables2. La raison est simple, ces sources ne sont pas fiables. À chaque fois que l’on installe une éolienne, on doit installer une autre source d’énergie fiable à proximité afin de fournir l’électricité lorsque le vent ne souffle pas.
Malgré des investissements massifs, l’éolien et le solaire fournissaient uniquement 4 et 2 % de toute l’électricité consommée en 20173.
L’Allemagne lançait en 2010 le projet pharaonique “Energiewende”4, l’objectif était la décarbonisation de leur production électrique en investissant massivement dans le solaire et l’éolien. Dix ans plus tard, le constat est catastrophique. Les émissions sont demeurées inchangées, des centrales au charbon ont dû rouvrir et les coûts d’électricité ont explosés. D’ici 2025, l’Allemagne aura investi plus de 500 milliards de dollars dans cette aventure et impossible de voir la fin du charbon à l’horizon.
En 2017, le pays ayant le plus réduit ses émissions de GES était nul autre que les États-Unis d’Amérique de Donald Trump5. Évidemment, ses politiques ne sont pas à l’origine de cette diminution marquée. Cependant, une symbiose énergétique s’y installe depuis plusieurs années. Celle entre le gaz naturel, l’éolien et le solaire. Les nouvelles centrales au gaz à cycles combinées permettent une production efficiente et flexible. Grossièrement, elles peuvent remplacer les centrales au charbon en fournissant une production stable grâce à leurs turbines à vapeur et combler les manques inévitables des énergies renouvelables grâce à leurs turbines à gaz6.
Plusieurs pays émergent d’Afrique et d’Asie auront des choix à faire dans les prochaines années. Utiliseront-ils du charbon provenant de Chine ou d’ailleurs ou utiliseront-ils un mixte de gaz naturel et d’énergie renouvelables? La deuxième option permet d’assurer la stabilité de leur réseau électrique, garantie une qualité de l’air enviable et minimise leurs émissions de GES.
Pour ce faire, les ressources doivent être à leur disposition. Il est relativement facile de produire et transporter du charbon. Des mines en font l’extraction et des trains et bateaux acheminent le minerai pratiquement brut aux clients. Ce n’est pas aussi simple pour le gaz naturel, sans accès direct à un puits.
C’est ici qu’entre en jeu le projet qui nous intéresse. Un gazoduc fournissant une usine de liquéfaction au Saguenay donnerait un accès rapide à la mer pouvant ainsi fournir ces pays émergent, surtout sur la côte ouest africaine et dans l’Asie du sud-est.
Le marché européen pourra aussi bénéficier de ce gaz naturel outre-Atlantique. Actuellement, le vieux continent est fortement dépendant du gaz provenant de Russie et du Moyen-Orient. Un producteur occidentale stable, au Canada, pourrait venir pallier les incertitudes géopolitiques de ces fournisseurs.
Autre avantage compétitif de GNL Québec, il n’y a qu’un seul autre terminal de liquéfaction de gaz naturel7 sur la côte-est de l’Amérique du Nord. Ce dernier est situé dans le Maryland aux États-Unis. L’emplacement de l’usine au Saguenay est donc stratégique pour les producteurs de gaz du Canada et du Midwest et du Nord-Est des États-Unis.
La réalité est souvent plus complexe que les messages des lobbyistes et des activistes. Dans un monde parfait, les économies du monde seraient totalement décarbonisées, malheureusement, cela n’est pas possible sans diminuer grandement notre niveau de vie où empêcher les pays émergents de le rejoindre. La meilleure voie est celle du juste nécessaire, des projets qui minimisent la pollution et les émissions de GES, tout en garantissant aux citoyens un accès à de l’énergie bon marché, une des pierres angulaires de l’épanouissement de toute nation.
GNL Québec est le plus grand projet privé de tous les temps, il pourra jouer un rôle majeur dans la relance de l’économie de la province et contribuer à la transition énergétique de plusieurs pays émergents.
Redevenons les grands constructeurs énergétiques que nous étions!

  1. https://energiesaguenay.com/fr/le-projet/description-du-projet/
  2. https://www.forbes.com/sites/michaelshellenberger/2019/05/06/the-reason-renewables-cant-power-modern-civilization-is-because-they-were-never-meant-to/#b036e56ea2b9
  3. https://www.iea.org/data-and-statistics?country=WORLD&fuel=Energy%20supply&indicator=Coal%20production%20by%20type
  4. https://www.spiegel.de/consent-a-?targetUrl=https%3A%2F%2Fwww.spiegel.de%2Finternational%2Fgermany%2Fgerman-failure-on-the-road-to-a-renewable-future-a-1266586.html
  5. https://www.forbes.com/sites/rrapier/2017/10/24/yes-the-u-s-leads-all-countries-in-reducing-carbon-emissions/#7023c50c3535
  6. https://www.youtube.com/watch?v=eeiu-wcyEbs
  7. https://en.wikipedia.org/wiki/Dominion_Cove_Point_LNG

Partager l'article

Abonnement à l'infolettre

Pour ne rien manquer de la part de notre équipe de la rédaction. Inscrivez-vous à notre infolettre.